Un jardin aux motifs hauts en couleur ?
Ce quatrième Azul nous plaît bien. Je n’ai pas joué à Sintra (il ne m’attire pas du tout), mais j’ai poncé le pavillon d’été. Et je dois dire que le jardin de la reine m’a tout l’air d’être le plus complexe de tous…
Cette fois, tout l’intérêt du jeu réside en deux points :
Vous devez désormais composer non pas avec un seul assortiment de couleurs, mais avec un couple d’assortiment couleurs/motifs. Chaque tuile étant caractérisée par une couleur ET un motif. Grosso modo, les règles de placement/paiement des tuiles restent semblables, sauf que vous pouvez choisir si vous partez en couleur ou en motif. C’est malin, ça impose un réflexion très dichotomique, d’autant plus qu’une fois posés sur votre plateau personnel, motifs et couleurs peuvent se combiner afin de remplir les objectifs. C’est très amusant, et plus complexe.
La pose des tuiles dans votre jardin n’obéit qu’à deux contraintes, à savoir que 1. vous ne pouvez pas placer deux tuiles identiques (même motif ET même couleur) côte à côte, et que 2. vous ne pouvez pas placer côte à côte deux tuiles qui n’ont pas de point commun entre elles (couleur OU motif). Mais faites attention : au fur et à mesure que vos groupes de tuiles se forment, ces deux contraintes restent d’actualité POUR TOUT LE GROUPE de tuiles adjacentes entre elles. C’est bête, mais il fallait y penser. A part ça, allez-y, faites vous plaisir… De tous les Azuls, il s’agit donc de la version du jeu où le placement des tuiles est finalement le moins dirigiste et orienté. Cela est d’autant plus vrai que le jeu propose un système d’extension de votre plateau personnel (avec de grandes tuiles en carton) qu’il va falloir gérer. C’est très amusant, et plus complexe.
Qu’est-ce qui nous a déplu finalement ?
La sélection des tuiles dans l’offre (ou le marché) est étonnamment progressive. Je dis étonnamment, parce que bien que plus complexe, ici le jeu ne permet plus de faire des plans sur l’appropriation des tuiles, puisque vous ne pouvez pas savoir à l’avance sur quelles tuiles vous allez tomber pendant la manche en cours : vous n’avez que 4 tuiles disponibles en début de manche et les autres tuiles se révéleront au fur et à mesure. C’est chouette, parce que ça change, mais je suis un peu dubitatif. A deux joueurs, c’est même parfois un peu pénible parce qu’il arrive que vous ayez envie de continuer à voir ce qui va apparaître (je ne rentrerai pas dans les détails, sauf si vous me le demandez), malgré des tuiles qui sur le moment même ne vous intéressent pas, mais l’effort que vous ferez en vous approvisionnant dans ces tuiles polluera votre stock… et finira généralement par favoriser votre adversaire. Il ne vous reste plus qu’à passer en pleurant…
Azul cartonne depuis le début parce qu’il s’agit d’un jeu à la fois abstrait et concret. Ben oui : c’est un jeu abstrait, et en même temps vous avez nettement l’impression de construire une mosaïque (ou un vitrail). Une vraie mosaïque. Un vrai vitrail. Et ça claque. Et c’est beau. Ici, avec le jardin de la reine, on perd le côté concret, puisque votre plateau représente en fait le plan abstrait d’un jardin. C’est un détail cela dit, mais oui, le jardin de la reine est bien le plus abstrait des Azuls.
Ha oui : tout petit bémol concernant le qualité du matériel. C'est du Azul, c'est beau, les tuiles en plastique ont l'air robuste... Attendez... "Mais oui, regarde ! Il y a un schrapnel qui s'est décroché de cette tuile ! Et tu as vu celle-là ? L'impression du motif sur cette tuile, c'est pas ouf..." Phénomène isolé ? J'espère bien... Sans ça, le jardin de la reine fait aussi bien que ses prédécesseurs, pas de panique.
Quitte à mettre une note, j'aurais bien attribué un 7,5/10... Ce sera 8, mais vous savez ce que j'en pense !
Voilà ! En définitive, je dirais que si vous avez craqué pour le pavillon d’été (et pour Sintra), le jardin de la reine vous plaira certainement. Si vous avez craqué pour le premier Azul, c’est par contre beaucoup moins sûr : passez d’abord par le pavillon d’été, il est juste à l’entrée du jardin de la reine…