Un party game bien banquèbeule
Frère Tuck était à Ludicité où l'équipe de In Ludo Veritas lui a montré son dernier né. Il faut dire qu'après une partie de Raptor qui nous avait bien plongé dans l'univers jurassicparkien, on était dans de bonnes conditions pour suivre les aventures de Stiven Spielbeurk...
Ça raconte quoi ?
Quand tu es en forme, tu es un réalisateur à la recherche d’acteurs. Tu as soif de look aguicheur, de physique ravageur et de regard qui tue.
Le reste du temps, tu es agent artistique. Tu as soif de contrats, de commission, et de films à succès.
Dans tous les cas, tu aimes l’argent.
Ça marche comment ?
À chaque tour 7 acteurs se présentent au casting, et chaque agent artistique s’en voit attribuer un secrètement. Le réalisateur va poser une question au sujet des acteurs, comme « Quel est le prénom de ses enfants ? » ou bien « Quelle voiture possède-t-il ? ». Les agents doivent noter sur un bout de papier (identifiable au logo de leur agence) la réponse qu’ils jugent la plus appropriée pour l’acteur qu’ils représentent. Une fois tous les papiers collectés, le réalisateur va alors attribuer chaque réponse à un acteur, en essayant de ne pas se tromper. Ensuite, les agents vont miser sur le nombre de bonnes réponses obtenues par le réalisateur. On procède pour finir à la vérification. Le réalisateur gagne de l’argent pour chacune de ses bonnes réponses, les agents aussi dès lors que leur acteur a été correctement identifié, et/ou s’ils ont deviné correctement le nombre de bonnes réponses du réalisateur.
Ça vaut quoi ?
C’est un jeu sympa et rigolo à jouer, de ce point de vue, le contrat « party game » est rempli. Certes, le traitement du thème n’est pas des plus heureux, et on n’a pas franchement l’impression de participer à un « casting »… Reste que dans le genre des jeux de devinettes, ça marche vraiment bien, notamment parce que le réalisateur a le choix entre 3 questions à poser, et qu’il peut ainsi adapter son choix aux profils qu’il a devant lui. La présence de 48 tuiles acteurs recto-verso et de 32 cartes réalisateurs (soit 96 questions) devrait assurer une bonne rejouabilité.
Le jeu a suscité une certaine polémique sur le net, notamment pour son côté « prime aux clichés ». Pour ce qu’on peut constater, ce type de reproche provient essentiellement de ceux qui n’y ont pas joué et qui ont quelque peu tendance à oublier la différence entre « jeu sur les préjugés » et « jeu à préjugés ». Il peut être utile de rappeler l’existence de ce genre de chefs d’œuvre : https://boardgamegeek.com/boardgame/16355/difference-between-women-men ; dans ce « jeu » il y a bel et bien une prime aux clichés puisqu’il faut trouver ce qu’un maximum de personnes pense des hommes et des femmes. Dans Casting, non seulement il n’y a pas ce phénomène de course au préjugé le plus partagé, mais l’objectif qui consiste à trouver « la » différence entre son acteur et les six autres incite plus à faire preuve d’imagination qu’à se reposer sur un lieu commun, tellement commun qu’il s’applique à l’un des six autres acteurs et rate son coup…