Tiens, voilà du mutin, voilà du mutin...
Sous son apparence anodine, Meuterer cache un jeu intelligent, dont la mécanique fine aurait largement pu mériter une version plateau. Petit frère de Verräter, cousin germain de Citadelles, grand papy de Puerto Rico, il faut dire que son illustre famille n’est pas piquée des vers. Et passée une phase d’assimilation des règles un peu laborieuse (10 phases par tour, saperlipopette !), on comprend qu’il y a de quoi cogiter dur avec ce petit jeu. Entre le choix du personnage, les trahisons à faire ou à ne pas faire, la gestion de la main, la vision du jeu à trois tours, il se dégage de Meuterer un agréable sentiment d’originalité et de contrôle, ponctué par une louche de hasard et un zeste de bluff. Dommage qu’on ne puisse y jouer qu’à quatre, car le rapport taille de boîte/prix/intérêt de ce petit jeu est tout à fait remarquable.