Je te soigne contre un trésor qui vaut 5 pièces... Mais non ce n'est pas du vol, c'est un service...
Bruno Cathala c'est un nom qui parle dans le monde ludique, cet homme a déjà de bien belles productions à son actif... ici il était question d'un petit jeu de stop ou encore avec un dragon vous collant aux miches... personnellement je ne pouvais que m'essayer à la chose, tant cela pouvait me rappeler des débandades cultes lors de vieilles parties de jeux de rôle.
Les +
Le thème colle très bien à la mécanique. On se sent plongé dans le donjon, à regarder discrètement dans un coin si le dragon n'arrive pas ou au contraire à foncer comme un bourrin dans l'espoir d’échapper au souffle mortel.
Règles très simples. Le stop ou encore c’est basique de chez basique, en faisant un gros raccourci : tu peux décider de prendre une carte ou d'arrêter... bon, tu peux aussi essayer de discrètement voir si le dragon ou un pépin ne t'attends pas à la prochaine carte. Puis voilà, après tout ce qui se passe est écrit sur les cartes.
Le jeu peut être très vicieux. On retrouve une bonne dose de bluff (s'arrêter en faisant croire que la prochaine carte est le dragon par exemple) ou au contraire de vrais coup fourré (tiens, toi tu vas être obligé de prendre une carte, impossible de te recroqueviller dans un coin pour pleurer), des négociations (tu me donnes quoi si je te soignes ? ouais nan, je préférerais un peu plus de thunes....), etc.
Il tourne bien quelque soit le nombre de joueurs. Un peu moins fun à deux cependant, ce qui est assez normal pour un jeu d'ambiance... mais ça reste jouable.
Le chaos. Je suis loin d'adorer le chaos dans les jeux de société, mais ici ce dernier contribue très clairement au fun du jeu.
Les illustrations. Des illustrations magnifiques, comme souvent avec Vincent Dutrait.
Du hasard mais pas seulement. Il y a beaucoup de hasard (logique pour un stop ou encore) mais il est contrebalancé par d'autres éléments; les cartes trésors permettent de quelque peu s’extraire de ce dernier (puis la possibilité d’avancer prudemment ou de pleurer sa mère si on a vu que la prochaine carte était négative par exemple).
Les –
L’élimination des joueurs. Fait réel : 1ere personne à jouer... bon, il y a encore 10 cartes, il y a peu de risques... raté c'était le dragon. Et vous devinerez jamais qui s'est encore pris le deuxième dragon dans la tronche alors qu'il restait encore 10 cartes... Bah crever sans ne rien avoir fait et rester à regarder les petits copains ça peut être frustrant. Mais soyons honnêtes, dans un jeu si court ce n’est non plus bien gênant –et si le clerc est présent, avec la potion de soin… puis en étant très prudent il est possible de tenir jusqu’à la fin ou presque... sauf mauvais coup du sort...)
Des aventuriers dont les pouvoirs ne se valent pas tous. Par exemple le prêtre est vraiment bon par rapport aux autres tout de même (et il permet aussi de faire un peu de chantage....)... on se dit qu'un équilibre aurait pu être mieux trouvé. Après, ça reste un jeu fun avant tout donc ce n'est pas bien grave, on y joue pas vraiment pour la gagne donc quelques déséquilibres ne sont pas gênants.
Assez répétitif... ce n'est pas non plus un jeu dont on enchaine les parties donc ce n'est pas un gros point noir, en petit filler ou jeu d'apéro il passe très bien.
La règle de mauvaise qualité. Par rapport au reste du matériel que je ne trouve pas de mauvaise qualité (surtout les fiches personnages) ça fait un choc de se retrouver devant du papier comme celui-ci...
Conclusion
Dragon Run est un de ces jeu très dépendant du hasard, vous ne pourrez pas forcément faire grand chose contre la cruauté du destin... mais c'est le principe du stop ou encore, sans hasard il n'y aurait pas de prise de risque. Si ce point ne vous dérange pas (notez tout de même qu'il y a différentes façons de contrebalancer ce hasard) je peux vous dire que Bruno Cathala a encore réalisé un bien bel objet.
Note (basée sur le système bgg) : 7 (Bon jeu, j’ai généralement envie d’y jouer.)
Je ne commente et note que les jeux auxquels j’ai joué 10 fois minimum