Après Glen More, Cramer continue de nous faire voyager...
On peut vraiment se demander ce qui leur est passé par la tête aux gens de Kosmos quand ils ont décidé de choisir cette couverture pour Helvetia. Ils devaient se faire une soirée raclette, le vin blanc devait couler à flots, et en fin de repas, alors que tout le monde dormait à moitié, un des convives a dù proposer l’idée : « eh les gars, on fait un jeu sur la Suisse, pourquoi ne pas faire une grosse boite rouge avec une croix blanche ? ».
C’est pas qu’elle soit moche en soi cette boite. Graphiquement elle est même plutôt jolie. Non, le problème c’est qu’en la voyant on pense à une boite de chocolats, ou à un Trivial Pursuit édition Suisse… Bref, quand j’ai vu la boite la première fois, en checkant les futures nouveautés sortant à Essen, j’ai pensé à tout sauf à un jeu de gestion. Heureusement, l’auteur ne m’était pas inconnu, ayant déjà créé l’excellent Glen More.
Assez parlé du contenant, parlons du contenu : Helvetia est un jeu de gestion où la course aux ressources se fera de manière originale en allant marier vos villageois à ceux des villages voisins (ceux des autres joueurs). Ici, c’est premier arrivé premier servi. Si vous êtes le premier à réussir à livrer une ressource particulière, vous marquerez des points. Si vous n’êtes pas le premier, ça peut être intéressant aussi pour compléter des espèces d’arbres technologiques (avoir de l’eau permet d’avoir une vache qui va produire du lait qui va produire du fromage, ou de la viande). Celui qui le premier complète un arbre marquera des points lui aussi.
Pour produire ces ressources, il vous faudra des bâtiments, eux-mêmes constructibles avec des ressources primaires (bois, brique, pierre). Certains de ces bâtiments pourront vous apporter des points de victoire, avec en plus une petite course à la construction récompensant celui a qui a terminé un anneau de son village le premier.
Expliqué comme ça, le tout peut sembler froid, mécanique, déjà vu. Mais détrompez vous car dans Helvetia, les mécanismes sont simples et élégants (juste cinq actions au choix : construire, produire des ressources, se marier, avoir des enfants, réveiller ses villageois). Et surtout, le plus important c’est que les mécanismes épousent parfaitement le thème du petit village qui s’agrandit au fil du temps, et se développe grâce au travail de ses habitants. Les gens se marient, les enfants vont à l’école, puis trouvent du travail… Pour un peu on entendrait presque les cloches des vaches…
Bref, c’est simple, c’est fluide, c’est agréable à jouer et c’est beau (très chouettes illustrations).
Un petit regret : il aurait été judicieux que les meeples masculins se distinguent plus des meeples féminins, mais c’est juste un détail.
Un de mes grands coups de cœur d’Essen 2011.