Capital ?
Avec la profusion récente de très bons jeux, le pauvre passionné que je suis commence à devenir difficile et même parfois à bouder son plaisir. Ici, non, le plaisir a été ressenti et il le sera encore de nombreuses fois, sauf la petite réserve décrite plus bas.
Ce London est un modèle d'équilibre. Dans ce jeu de cartes, certaines cartes sont meilleures que d'autres, mais contrairement à un Race for the galaxy qui semble l'avoir inspiré, aucune carte n'est directement ultime dans une situation donnée (sauf l'omnibus à 2 joueurs) et on retrouve beaucoup moins l'idée de "combos" forcément liées à la pioche.
Le thème est extrêmement bien retranscrit et on peut rentrer dans l'histoire de reconstruction et de développement d'une ville. L'idée de "pauvreté" comme contrainte à effet de perte de points et de moyens de la combattre par l'éducation, l'emprisonnement/répression et les travaux "adaptés à cette condition sociale" fonctionne bien, trop bien même car sur aucune des parties faite jusqu'ici, cela n'a été très discriminant et donc déterminant dans l'attribution de la victoire; beaucoup de cartes permettent de combattre cette pauvreté.
Les parties sont très différentes selon le nombre de joueurs. Mon unique partie à 3 joueurs m'a surprise par sa rapidité et donc sa difficulté à élaborer une stratégie contrairement à une partie à 2 joueurs (6-7 parties). A 4 joueurs, forcément, cet effet doit encore être décuplé.
Je trouve que ce London est un bon jeu mais voilà donc ce qui m'empêche d'être totalement enthousiaste: les parties faites jusqu'ici sont allés assez peu dans des stratégies radicales; il semble qu'une stratégie médiane, c'est à dire réagissant moyennement sur toutes les possibilités du jeu, soit préférable; je ne demande qu'à être contredit et apparemment l'auteur en a prévu l'éventualité quand on voit le nombre et la somme d'emprunts possibles. Néanmoins, le moteur du jeu lui-même et les règles paraissent rendre très difficile de s'aventurer sur des stratégies extrêmes. L'illustration est la limite de cartes en main qui fait qu'il est difficile de partir sur un gros développement couteux (beaucoup de piles posées).
M. Wallace a produit un jeu qu'on pourrait qualifier de "moyen-léger" très bien fait; le mécanisme de fin de partie est un modèle de précision suisse, par exemple. Mais après quelques parties, en gardant le même concept, j'aurais préféré quelque chose d'un peu plus consistant (un ou deux paramètres en plus sur lesquels jouer) et permettant plus de liberté de mouvement.