Un grand cru...
…qui bonificiera sans doute avec le temps.
Reste à trouver le temps car avec une heure d’explication puis près de 3 heures de temps de jeu, çà va pas être évident. Ceci étant les parties suivantes devraient être sensiblement plus courtes car paradoxalement, il n’y a que 12 actions principales. Le jeu n’en est pas pour autant outrageusement compliqué mais il regorge de points de règles et une fois celles-ci digérées, il est illusoire d’espérer jauger les voies les plus rentables lors d’une première partie.
Que retenir d’autre de cette première partie ?
Tout d’abord quel bonheur de ne pas à nouveau construire des cathédrales. Ici, on sent bien que l’auteur est parti du thème pour construire ses ressorts mécaniques. La production du vin est donc très bien rendue et le plateau ergonomique participe à l’immersion. Derrière cet emballage agréable, on n’est pas trop dépaysé par le moteur : il va falloir développer son plateau personnel, trouver des sources de revenus et d’actions puis convertir tout çà au moment opportun par des points de victoire.
Mais la caractéristique première de Vinhos est qu’il s’agit d’un jeu au timing extrêmement serré où chaque action doit être mûrement réfléchie car elles sont en nombre extrêmement limité par rapport au nombre de voies stratégiques offertes. Il sera compliqué de réussir à développer quelque chose jusqu’au bout et pourtant c’est le challenge qui nous est proposé (personnellement j’adore les jeux au timing serré mais ceux qui préfèrent les jeux de développement risquent de se sentir frustrés).
A côté, Agricola s’apparente à une aimable promenade de santé, d’autant plus, et c’est une autre caractéristique de Vinhos, que l’interaction est bien plus forte qu’aux autres jeux de gestion. Et çà, çà peut plaire … ou pas. A Agricola, vous pouvez être ralenti dans votre voie (production du bois, agrandissement de la maison) si d’autres joueurs choisissent la même option, à Vinhos, vous serrez carrément bloqué (indices multiplicateurs présents en nombre unique, cases de production bloquées pour le reste de la partie…). Heureusement, vous ne serez jamais totalement en panne d’inspiration car, vu le grand nombre d’options stratégiques, il y a toujours différents plans B existants.
Comme autres faits marquants, la tuile météo permettra de bien renouveler les parties et de rendre certaines voies stratégiques plus ou moins intéressantes d’une partie à l’autre et çà c’est une très bonne idée. Enfin, les foires aux vins que l’on peut mettre en parallèle avec les tableaux des « Princes de Florence » (sans les enchères) est une autre excellente idée du jeu car il faudra là aussi choisir entre exposer au dernier moment pour bénéficier du meilleure vin possible générateur de points de victoires (grâce à un plus grand nombre d'experts) ou exposer anticipativement pour bénéficier dans le futur de points d’actions supplémentaires.
Bref, vous l’aurez compris, les gros joueurs qui se donnent la peine d’explorer un jeu en profondeur vont être comblés. Ceux là pourront confirmer les qualités apparues lors d’une première partie.
PS Après y avoir rejoué, je remonte ma note à 5. Pour des raisons trop longues à développer ici, les différentes stratégies m’ont l’air équilibrées.
Même si Vinhos ne devait pas être à priori dans mes créneaux vu sa complexité, j’aime particulièrement cette impression de jouer à la dinette propre aux jeux avec un plateau individuel.
Enfin, le fait que l’on ne sache pas tout calculer à l’avance vu la forte interaction évite de trop longs calculs et permet de jouer à l’instinct.