Un pour tous, tous pour un !
Zombicide est un jeu de survie collaborative où le joueur, accompagné de ses acolytes vivants et bien vivants, devra remplir les objectifs prédéfinis d'une mission en trucidant du mort pas tout à fait mort par tractopelles entiers. Le tout dans un environnement urbain plein de bâtiments, de rues désertes (pas longtemps en tout cas) et de voitures abandonnées (que l'on pourra conduire :D ).
Le mot important dans ce que vous venez de lire est bien "collaborative". Car si survie il doit y avoir à la fin de la partie, de s'entraider il sera nécessaire.
Rangez tout de suite vos envies de vous la jouer seul à la Resident Evil, vous durerez aussi longtemps qu'une barre de Mars amandes dans une réunion de boulimiques anonymes.
Et c'est ça qui est sympa dans ce jeu, c'est qu'on retrouve de la belle morale à la Dumas (Alexandre, pas Mireille): "Un pour tous, tous pour un". Si vous êtes un adepte de la traîtrise et de la fourberie, passez votre chemin. Dans ce jeu, on joue en team play. Dans ce jeu, on se sacrifie pour sauver son ami (c'est beau).
Aucun joueur ne contrôle les zombies (je vous l'ai dit, tous dans la même galère). Ceux-ci agissent en répondant à des stimulus simples (ça reste du zombie, hein). S'ils sont à portée, ils attaquent, causant une blessure, sinon ils se déplacent vers le ou les survivants en ligne de mire, ou la source de bruit la plus élevée.
Il existe 4 types de zombies: le Walker (le zombie moyen), le Runner (sponsorisé par Asics, il se déplace plus vite), le Fatty (que seules certaines armes pourront occire), et enfin l'Abomination (Seul le cocktail Molotov peut l'arrêter, si vous ne l'avez pas "Fuyez, pauvres fous")
Les joueurs vont de leur côté sélectionner la mission parmi les 11 du livret de règles (de nouvelles missions sont régulièrement publiées sur le site de l'éditeur), mettre en place le plateau (9 belles dalles recto-verso), et choisir la jolie figurine du personnage qu'ils vont incarner parmi les 6 de départ, chacun ayant une caractéristique spéciale (ma préférence pour Ned, le conspirationniste qui avait tout prévu dans son bunker, mais qui a paumé les clés).
La mise en place terminée, on se partage l'équipement de départ. Et là, attention, c'est l'arsenal de malade: un pistolet, une hache, une barre à mine.... et pis c'est tout ! Si vous êtes plus de 3 joueurs, les autres se récupèrent une arme de destruction massive: une poêle. Et faire une fricassée de mort-vivant à la poêle, ben faut s'accrocher (17% de chance, un 6 sur un dé, que dalle quoi).
Chaque tour se déroule simplement. Chaque personnage a droit à 3 actions par tour parmi les plus communes: se déplacer, ouvrir une porte, fouiller, utiliser une arme, choper l'équipement d'un collègue. Tout ça coûte un point d'action, et croyez-moi, ça se dépense vite. A noter que certaines actions génèrent du bruit (ouvrir les portes comme Jack Nicholson dans Shining n'est pas la méthode la plus furtive), et que le bruit ça attire les vilains dans votre direction.
Ensuite, c'est au tour des Walking Dead de jouer comme décrit plus haut. Ils attaquent s'ils peuvent, ils se déplacent, et on fait apparaître de nouveaux zombies dans les zones dites d'invasion.
Vos premières actions vont donc être souvent de fouiller les bâtiments pour trouver de l'armement plus juteux en vous prêtant le pistolet pour claquer du zombie à distance et la hache pour ceux qui viendraient essayer de vous chatouiller les orteils (plutôt les bouffer avec un peu de moutarde façon Knacki en fait).
Petit suspense supplémentaire, fouiller pour trouver des équipements peut faire apparaître un Munster sur pattes (oui le zombie sent mauvais), ce qui donnera lieu à des débats enflammés sur le thème du "Je pioche ou je pioche pas".
Plus vous rétablissez l'ordre naturel des choses (un mort, c'est fait pour être mort à la base quand même), plus vous accumulez de précieux points d'expérience qui, une fois suffisamment nombreux, vous donnent accès au niveau de danger supérieur et à une action supplémentaire, puis des caractéristiques en plus pour votre survivant. C'est beau me direz-vous, sauf que c'est ce même niveau de danger qui régit les vagues d'invasion des zombies.
Plus vous prenez d'expérience, plus vous en aurez besoin pour dézinguer du nécrosé ... Après quelques tours, le plateau, qui semblait bien vide au départ, va vite ressembler à un quai de la gare Saint Lazare un jour de grève, avec les mêmes râles, les mêmes regards vides et les mêmes odeurs de chair en putréfaction.
Franchement, le jeu est dur. La moindre erreur se paye cash en morsures de zombies suintantes et putrescentes, et il faut bien penser ses actions ensemble avant de foncer dans le tas et réfléchir quelques coups à l'avance pour ne pas se retrouver coincé.
A noter, il existe une application sur Android (et j'imagine sur iPhone/iPad) permettant de gérer la carte d'un ou plusieurs personnages, de piocher les cartes équipements et de simuler les jets de dés avec votre tablette High-Tech préférée.
Suggestions de musiques d'ambiance (accessibles via Spotify):
Silent Hill 1, 2 et 3 par Konami, certaines sont horribles, mais justes horribles
Grindhouse - Planet Terror par Robert Rodriguez, BO d'un hommage aux films d'horreur des années 80 (pour les vieux, la Nuit des Morts Vivants de Romero par exemple)
Winds Devouring Men par Elend, le titre de l'album parle de lui-même, de la musique anti-teletubbies
28 jours plus tard par London Music Works, pour finir, le générique du film réalisé par Danny Boyle qui a relancé le genre en 2003