Du haut de ces pyramides, 5 mécènes nous contemplent...
Encore une fois, Ystari nous sert ici un jeu intelligent, qui, malgré des règles expliquées en quelques minutes, n’est pas dénué de profondeur. C’est que ça commencerait presque à devenir énervant, tous ces bons jeux.
Mykerinos s’appuie sur un système de placement/ majorité certes assez classique, mais où les choix et les dilemmes sont constants, avec de nombreux paramètres à gérer. Le jeu est fluide, tendu, très tactique, et qui plus est bon dans toutes les configurations. Les nombreuses possibilités de blocage en font un jeu agressif et très interactif, ce qui me plaît beaucoup, où la gestion du timing se révèle vite primordiale, notamment sur les stocks et l’accès au musée. Les pouvoirs des mécènes renforcent par ailleurs l’intérêt du jeu, et le rendent bien moins froid que ce qu’il aurait pu être, avec ce déséquilibre assumé des pouvoirs qui oblige à se battre pour certains personnages plutôt que d’autres (Sir Brown pour ne pas le nommer).
Et puis pensez donc ! Non seulement le jeu est très bon, mais pour le prix habituel d’un jeu de cartes, on a droit à des tuiles épaisses, un plateau, des pions, des cubes de bois, ne manque plus que le sourire de la crémière, et encore. Bref, avec ce jeu d’une excellente durée de vie, Ystari nous montre qu’ils peuvent s’adapter à un public plus large, tout en conservant cette marque de fabrique du « jeu de stratégie à faible hasard vous en voulez du neurone vous allez en avoir ». En route vers un nouveau succès ?