Un coup de foudre
J’ai du mal à imaginer jouer à Fog of Love autrement qu’en couple, alors même que rares sont les jeux taillés pour cette configuration.
La mécanique est excellente, le plus fou c’est qu’elle parvient à se faire oublier au profit du récit qui s’élabore au fil des décisions tout en parvenant à guider ce récit de rebondissement en rebondissement.
Avec son univers graphique complètement différent de ce dont nous avons l’habitude en jeux de société, Fog of Love a le potentiel pour convaincre les plus réfractaires au jeu de société. Après tout, il suffit de répondre à des tests psychologiques potaches. Derrière cette apparence légère, le jeu est suffisamment bien tourné pour agiter les neurones des gamers exigeants tout en étant suffisamment marqué par son thème pour satisfaire celles et ceux qui préfèrent d’ordinaire consacrer leurs soirées à regarder une série ou un téléfilm.
Le plus fou, c’est qu’à jouer à communiquer par personnages interposés, on développe vraiment une capacité à mieux se parler en vrai. Et c’est plus rigolo qu’une thérapie de couple.
Cerise sur le gâteau, la première partie en forme de tuto intégré permet d’être à armes égales que l’on ait étudié les règles avant ou pas. Comme elle est bien plus courte que les suivantes, c’est aussi une excellente mise en bouche.
Bref, foncez !
Dommage que le jeu n'ait pas trouvé son public en francophonie : ses excellentes extensions ne sont finalement pas sorties dans la langue de Molières. Mais avec le traducteur automatique du téléphone, même les moins à l'aise avec Shakespeare peuvent en profiter.
Les gamers sont peut être un peu trop réservés pour tenter l’aventure de proposer une partie à leur moitié-qui-n’aime-pas-les-jeux ?
C’est le genre de jeu qui se traine une sale moyenne sur les sites d'avis. Il ne plait sans doute pas à tout le monde, mais si on accroche c’est un 10/10. Pas de bol : de nos jours les notes moyennes sont le phare du consommateur de jeu. Pourtant, je n’en ai rien à faire des jeux “bien mais pas top” sur lesquels tout le monde s’accorde à mettre 7 ou 8 : je préfère faire partie de la poignée d’adorateurs de jeux injustement oubliés !