Je croyais que Mombassa était simple!
Cette rethématisation (forcée) de Mombassa est passionnante car... c'est l'exemple de tout ce qu'il ne faut pas faire quand on se livre à cet exercice.
Si le thème de Mombassa pose aujourd'hui problème (on y joue des compagnies coloniales qui se partagent littéralement l'Afrique) son iconographie a le mérite de rendre ultra facile à jouer un jeu qui n'est pourtant pas simple... même si je le croyais dur comme fer avant de jouer à Skymines! Grâce à ce dernier, j'ai réalisé que tous les icônes, dessins ou symboles de Mombassa font passer ses règles pour plus simples qu'elles ne le sont. On y obtient des bananes, des livres, des diamants, des grains de café...autant de matériaux concrets et colorés qu'on se plait à faire interagir sans se rendre compte un seul instant qu'on fait des trucs complexes.
Dans Skymines, on doit utiliser à la place de l'hélium, du carbone, de la recherche (?) ou de l'énergie (??)... Tout est devenu plus abstrait et froid, un peu comme dans son proche cousin Blackout Hong Kong. En plus, les illustrateurs ont tout fait pour nous empêcher de distinguer facilement les objets représentés, par exemple en ajoutant un cube identique autour de tous les matériaux, parfois presque sans changer les couleurs. Pour ne rien aranger, les quatre villes / compagnies de Mombassa, identifiées par des couleurs qui correspondent aux marchandises, sont à présent devenues 4 compagnies minières fadasses aux logos et aux couleurs random et confus.
Et puis cette vision d'une autre planète comme simple source de richesses, elle pourrait jouer sur une forme d'humour satirique proche d'un film comme Outland (ou même Alien) mais l'aspect sérieux des dessins en fait juste de la science fiction économique chiante. A propos de satire, je trouve personnellement que Mombassa avait une touche d'humour et de second degré, notamment dans sa façon de faire s'affronter les compagnies coloniales en fin de partie, qui ici a totalement disparu.
La comparaison Skymines/Mombassa est donc un plaidoyer éclatant pour l'importance cruciale de la thématique dans un jeu, y compris pour la valorisation de ses mécaniques! Il est dur à comprendre comment les éditeurs ont pu réaliser tant d'efforts de transposition graphique soignée pour un résultat si peu lisible, sachant que la lisibilité était justement le grand point fort de Mombassa.
Mais le sommet (ou plutôt le gouffre), c'est à dire la pire balle dans le pied de cette magnifique collection de podoflingages, c'est l'effet "écran vidéo de surveillance" qu'ils ont conféré au plateau, tellement réussi qu'on a vraiment mal aux yeux à force de regarder ce faux écran!!!
Après, c'est vraiment le même jeu derrière tous ces mauvais choix esthétiques, et je ne peux décemment pas mettre une mauvaise note à un jeu qui reste évidemment génial, y compris lorsqu'EN PLUS ils ont ajouté des modes campagnes inutiles et un plateau verso qui finalement complique inutilement les établissements des bases.