Quel boulet !
Variante du Risk, dire que ce jeu laisse une large part au hasard est un doux euphémisme. Or, faire un Risk avec des situations plus complexes n'est pas le rendre plus stratégique, bien au contraire. Vos dix points d'action n'empêchent pas les dés d'interférer dans toutes les actions : combats, rencontre de tribus et découverte d'or. Si à Risk le hasard n'interfère que dans les combats, ici chaque déplacement sur le continent mystérieux entraîne le jet des dés tribus et or. Vous pouvez donc vous retrouver face à 3 tribus sans or ou 3 ors sans propriétaire. Ce qui n'a rien à voir. Dans le premier cas vous vous faites ratatiner, dans le second c'est Byzance.
Malheureusement il ne faut pas plus de deux tours pour comprendre que le nerf de la guerre ne sont ni les troupes, ni l'or, mais bien le bateau. En effet, si vous avez été affaibli par les indigènes les autres joueurs n'auront aucun mal (et aucun scrupule) à couler votre bateau, et si vous êtes chargé d'or, vos adversaires vont sûrement s'allier pour vous couler (comme ça pas de danger qu'il soit repris). Dans les deux cas le résultat est donc le même : il vous est impossible de contruire un bateau et la partie s'achève donc immédiatement pour vous. Le gagnant est donc le dernier à qui il reste des bateaux, une fois cela entendu le jeu est parfaitement injouable et termine en 20 mn. Même si les joueurs font des efforts, un joueur mal parti a tout intérêt à jouer le "boulet" en se sacrifiant pour couler les bateaux du joueur le mieux placé, l'empêchant alors absolument de gagner.
Le Risk est peut être nul, mais il a au moins l'avantage de fonctionner.