Le petit prince
J'ai longuement hésité entre 4 et 5 pour la note.
Le jeu est très bon, bien pensé, d'une longueur tout-à-fait acceptable (une fois les règles connues, comptez une heure grand max pour boucler une partie), bref, du grand Friedeman (mais on est rarement déçu par l'homme vert).
Le système de marché est très bien pensé : simple à appréhender, mais suffisamment bien étudié et original pour être efficace (sur le principe, rien de bien original : je ne vends rien, ça grimpe, je vends un peu, c'est stable, je vends comme un fou, ça dégringole).
Les bâtiments qu'on pose ensuite sont très classiques dans leurs effets : produire plus, gagner plus d'argent, avoir des réducs, bref, ce n'est pas là dessus que le jeu se démarque. Par contre, nous posons jusqu'à 2 bâtiments par tours sur maximums 6 slots disponibles. Autant dire que la place vient rapidement à manquer. Et c'est là que tout se joue : le timing. Tout est question d'équilibre : jusque quand dois-je continuer à engranger de l'argent (au détriment de la pose des châteaux, bâtiments inutiles par eux mêmes mais qui sont la condition de victoire) ? Ai-je assez pour me permettre de casser un système qui tourne bien ?
Du timing, donc. D'autant plus intéressant que le jeu est court, une fois que les joueurs commencent à inverser la tendance (en gros, à réduire leur voilure pour commencer à poser ces inutiles châteaux pourtant nécessaires à la victoire), la partie se conclue rapidement. On loupe complètement le coche ? Pas grave, le temps d'en prendre pleinement conscience, la partie est pour ainsi dire terminée.
La seule question que je me pose, c'est au niveau de la rejouabilité. Certes, les marchés changent un peu avec les différentes cartes disponibles, mais est-ce qu'au final on n'arrive pas rapidement à une combinaison optimale, après seulement quelques parties ? La version expert du jeu gomme quasiment complètement la partie hasardeuse du jeu : la gestion de la main. Si je tire mes châteaux trop tôt (ou tous en même temps, et du coup incapable de les poser tous, je peux perdre alors que tout ronronne parfaitement).
En résumé, du très bon, qui sous des airs de jeu remâché, propose quand même de belles idées, qui se combinent à merveille