Coopérer fraternellement dans la douleur
Les Poilus est un jeu coopératif où chaque joueur incarne un soldat de la Grande Guerre qui va mener avec ces camarades de tranchés des missions périlleuses pour vaincre les allemands et atteindre l'armistice (colombe de la paix).
Les parties sont de l'ordre de 45 à 60 min et est destiné à un large public familial à partir de 10 ans. Ce petit jeu coopératif dispose d'un système de jeu assez simple mais bien trouvé de manipulation de cartes et de pioche. Pas besoin de détailler le gameplay car le site web consacré au jeu avec la démo est suffisamment bien faite. La victoire est au bout du chemin si les joueurs arrivent à placer le plus de cartes possibles sur la table.
Les mécanismes reposent principalement sur un stop ou encore collectif où il faut éviter d'aligner sur la table des triplettes (paysage et objets). Il y a également une notion de prise de risque assez importante par rapport aux décisions du chef de groupe et du choix de la difficulté de la mission. Il faudra habilement doser car un chef foufou et trop audacieux vous mènera rapidement à votre perte autant qu'un chef trop frileux qui vous mènera à une défaite plus lente mais implacable. De plus, la partie est rythmée par l'arrivée de coups durs qui vont pénaliser durement les soldats en leur donnant des malus. Heureusement, à la fin de chaque mission, un joueur peut recevoir des soutiens des autres joueurs et perdre des coups durs.
Une grande part du jeu repose sur la communication au travers du discours du soldat ainsi que dans la pose des cartes. C'est le point fort/point faible principal du jeu. Le jeu nécessite une certaine plongée dans l'univers et sans celà on peut tomber dans un jeu plat. Préférez les "je crains beaucoup une attaque de gaz moutarde" que les "j'ai trois cartes avec un masque donc il faut m'en enlever un". Sinon on perd tout le sel du jeu.
Points faibles
Une rejouabilité limitée : certes le côté aléatoire du paquet de cartes peut renouveler les parties. Cependant, il ne s'épuisera pas si on le sort de temps en temps
L'arrivée très aléatoire des cartes qui offre parfois des parties impossibles (vous me direz avec Pandémie, c'est la même chose).
La nécessité de bien choisir les joueurs pour rentrer dans l'univers, sinon le jeu ne prend pas
Points forts :
Simplicité du système de jeu avec une certaine profondeur tactique (notamment dans la gestion des coups durs et des soutiens)
Une thématique très forte et très bien respectée tout au long du jeu, notamment les coups durs dont le nom correspond bien à l'action correspondante et traduit sans nul doute les coups dur qu'ont dû vivre les poilus (tant sur le plan physique que sur le plan psychologique). C'est vraiment une des grandes forces du jeu.
les illustrations de Tignous. Pourtant, je les aurais mises dans un premier temps dans les points faibles, tellement je détestais le trait de l'illustration de la boîte (trop simpliste à mon goût). Bien mal m'en a pris, en effet, car fort est de constater que l'ensemble des graphismes forment un univers cohérent avec le thème abordé et l'époque.
Bilan :
Globalement, même si ce jeu ne m'est pas destiné, il m'a plutôt convaincu, plus au niveau de la thématique et de l'immersion que des mécanismes de jeu, assez classique et peu innovant mais qui fonctionne bien.
Définitivement à tester. Bravo aux deux auteurs pour l'adaptation au thème très très fouillé.