Zavandor en mieux...
Phoenicia rappelle définitivement le très sympathique Das Zepter von Zavandor sorti il y a quelques années chez Lookout Games. On a affaire à deux jeux de gestion à la progression "géométrique" : on investit pour gagner plus, et on réinvestit l'argent ainsi gagné... Le défaut de cette approche est clair : un mauvais début de partie est très difficile, voire impossible à rattraper. Mais par rapport à Zavandor, l'équilibre est ici bien mieux réussi. D'une part, le jeu est moins long, il est donc moins frustrant quand on est à la traine. Si un joueur a vraiment pris une avance importante, c'est qu'on est à deux ou trois tours de la fin. D'autre part, il faut ici investir sur deux plans : les revenus, qui se réinvestissent, et les points de victoire, véritable objectif du jeu. Un retard pris en PV est tout aussi difficile à rattraper qu'un retard sur les revenus !
Au final, on obtient un jeu parfaitement équilibré et particulièrement tendu : plusieurs voies stratégiques paraissent envisageables (miser sur les ouvriers ou au contraire les cartes offrant des revenus), et les enchères, véritable point noir de Zavandor où la tension était absolument inexistante, sont ici au centre du jeu, au point de me rappeler le mécanisme du marché des centrales de Funkenschlag ou les enchères aux Princes de Florence.
Reste une édition passablement ratée : les pions en plastique sont d'assez mauvais goût, il y a plusieurs erreurs d'impression, les symboles sont illisibles, la règle confuse et parfois incomplète. Tout est ici fait pour simplifier la vie des joueurs maîtrisant déjà bien le jeu, et les premières parties sont alors particulièrement éprouvantes : les aides de jeu prêtent facilement à confusion.
Tout cela s'efface heureusement bien vite devant l'admirable équilibre, la réelle richesse stratégique et la tension du jeu.