Pas mauvais, mais pas bon non plus.
Pickpocket, c'est un peu la recette typique de Reiner Knizia...
Une idée de départ basique, simple, la plus épurée possible.
Un habillage de règles pour plus de variété dans le déroulement du jeu, sans toutefois noyer l'idée initiale.
Un thème plaqué pour donner un peu de saveur.
Et on obtient... un jeu de Reiner Knizia. Parfois ça marche bien, parfois c'est plus creux.
Avec Pickpocket, on est plutôt dans le creux.
Certes, ça tourne bien, il sait quand même ce qu'il fait, le Reiner. Il n'en est pas à son coup d'essai. On peut même s'y amuser, un temps. Mais c'est quand même très aléatoire, trop en fait, même pour un jeu de ce genre. Et si le stress de savoir si on reste ou pas, au risque de se retrouver seul et de devoir faire un quitte ou double est intéressant, dès lors qu'un joueur en réussit un, le soufflé retombe car on se demande si on arrivera à le rattraper...
Alors oui, on a trois cartes en main qui devraient permettre de nous donner notre chance également, mais que penser de quelqu'un qui a trois cartes ne se combinant pas ensembles par rapport à quelqu'un dont deux cartes lui assureront un quitte ou double ? La partie n'est pas assez longue pour rééquilibrer le hasard de la pioche de ces trois cartes.
Et puis je trouve les points sur ces cartes bizarrement attribués. Selon moi les cartes les plus viables (nombreuses lignes ininterrompues) devraient être celles qui rapportent le plus de points, pour encourager le joueur à ne pas les jouer...
Même au niveau réalisation, je ne trouve pas que le jeu soit présenté avec le meilleur matériel imaginable. Cela m'étonne même de la part d'un éditeur comme Repos Prod' dont les autres jeux que j'ai pu pratiquer étaient plutôt exemplaires sur ce point. Entre un plateau qui ne sert à rien d'autre que compter les points, des cartes/tuiles aux dimensions assez disgracieuses et pas toujours évidentes à lire quand la ligne s'allonge, et un sac dont on se demande pourquoi il est là puisqu'il suffirait d'empiler les cartes face cachée...
Alors que nous reste-t-il ? Un titre pas forcément désagréable, mais qui ne restera pas dans les mémoires. J'aurais peut-être pu lui accorder 3/5, mais l'arrivée d'un tel jeu alors qu'il en existe déjà tant d'autres bien meilleurs dans la même catégorie m'a fait réévaluer cette note de façon plus sévère. D'autant que certains de ceux-ci sont déjà de Reiner Knizia, alors il faut quand même à un moment savoir s'arrêter dans le recyclage de concept.
Donc si c'est le thème et/ou le design qui vous attire, vous pouvez éventuellement vous laisser tenter, sinon allez plutôt voir du côté de Diamant, Can't Stop, ou Cloud 9. Et si c'est Reiner Knizia qui vous intéresse plus particulièrement, jetez plutôt un oeil à des titres comme Code Cracker, Pickomino, Sushi Bar... Enfin à un niveau de jeu un tout petit peu supérieur, là où l'on passe du jeu de prise de risque au jeu de pari, ne manquez surtout pas deux autres de ses jeux qui eux sont de petites merveilles : Colossus Arena et Royal Turf.