Je sais qu'il sait que je sait qu'il sait que je sais!
Trouvé dans une boîte à dons, miraculeusement complet et quasi-neuf, je m'attendais à découvrir un jeu en bois abstrait un peu brouillon, qu'on imagine créé par une seule personne qui n'a pas eu suffisamment d'avis ni de tests pour parvenir à un vrai jeu fini (tout le monde n'est pas Alvydas Jakeliunas qui imagine Pingouins tout seul devant la mer Baltique ou même Alex Randolph qui réinvestit ses connaissances de joueur d'échecs pour pondre tout seul des jeux abstraits très solides).
Et pourtant, même si Polygone est un jeu à deux express qui ne se base que sur un moment de faute d’inattention du joueur adverse (un peu à la manière de certains jeux Gigamic comme Quarto), c'est vraiment très abouti et intéressant, mais aussi beau et élégant. Un sans faute donc, avec une règle pure et sans exception, ce qui prouve une véritable vision ludique, comme un tir direct en plein milieu de la cible.
La partie dure 10 minutes, et on peut avoir vite l'impression d'en avoir fait le tour si on ne trouve pas un adversaire à sa hauteur. Mais si l'ennemi sait que vous savez qu'il sait puis sait que vous savez qu'il sait que vous savez (etc...) le jeu va rester passionnant longtemps. On va donc sans doute privilégier un adversaire unique avec qui on sera synchrone pour progresser ensemble.