facile à jouer, dur de gagner
QUEEN’s ARCHITECT se présente comme un jeu de pose d’ouvrier et de cubes en bois. Une sobriété esthétique exemplaire, pour ne pas dire un peu austère vient compléter le tableau.
La boîte est grosse (c’est un compliment) et le matériel en carton est un bonheur pour « dépuncheur » compulsif. Il y a beaucoup de tuiles et elles sont de grande qualité. habituellement très maladroit, donc prudent, je n’ai détecté aucune déchirure. Les sachets en plastique sont fournis, ce qui est bien même si on aurait préféré un thermoformage à la Gameworks.
Coté cubes en bois et Meeple en revanche, c’est une petite déception : Ils sont vraiment tout petits et tiennent à grand peine entre mes doigts. Les cubes, je les préfère un poil plus gros. En plus, j’avais un Meeple rouge avec une écharde qui est partie dès la première partie, créant une tâche en creux couleur bois au pied de mon architecte rouge … ça m’a agacé.
Mais laissons là ces considérations matérielles et parlons mécanique.
La règle est plutôt très claire et la mise en place est aisée pour peu que l’on suive les consignes dans l’ordre. Il paraît à lire les anciens que nous l’avons échappé belle et que les traductions de la Reine étaient auparavant une calamité. Ici il n’en est rien, c’est plutôt vachement bien foutu.
Je ne relève à l’usage que deux zones de flou.
Auberge :
Quand on fait se reposer une guilde, peut-elle continuer à travailler ? Auquel cas la sorte de manège qu’il faut faire avec les tuiles de guilde dans l’auberge ne sert qu’à empêcher de reposer la même guilde deux tours d'étoile de suite ? C'est comme ça que je l'ai compris (contre le réalisme, mais pour la cohérence de la mécanique) Car si la guilde dans l’auberge ne peut pas travailler avant d'en sortir, en revanche, cela devient terriblement handicapant d’être humaniste… et d'offrir du repos à ses ouvriers...
Pour preuve, et c’est une petite déception mais qui demande à être approfondie par d’autres parties, un de nos joueurs a appliqué volontairement une stratégie assez barbare et premier degré, consistant à ne faire que des réparations (donc la calèche devient inutile) et à épuiser ses ouvriers pour en racheter (l’auberge faisant faillite !). Là où ça me pose problème, c’est qu’il a gagné… Au-delà de la petite gène morale et esthétique que l’on peut ressentir à cette manière de jouer, si cela devait se reproduire, cela traduirait un déséquilibre dans un jeu du coup rempli d’options inutiles ? à approfondir donc...
Travail aux champs :
Si on emploi des ouvriers ayant le symbole « bourse », ils rapportent deux pièces d’or mais doivent êtres « fatigués » (tournés). En revanche, si on emploi des ouvriers « moins doués » (sans le symbole bourse), ils rapportent moins (1 pièce par paire d’ouvrier sollicitée) ; mais il me reste deux questions :
Les manœuvriers « moins doués » doivent-ils également être fatigués ? sauf erreur ce n'est pas précisé ?
Peut-on cumuler les deux effets dans le même tour ? j'ai supposé que oui ?
La première partie à trois a duré trois heures. Soixante minutes donc, mais par personnes. Le temps indiqué semble donc un peu optimiste. Certes notre score va s’améliorant et j’ai vu que la TT Team avait fait très fort, mais je doute que notre vaillante équipe de débutants moyennement aguerris puisse emballer une partie à quatre en 60 minutes comme indiqué sur la boîte.
En même temps, la durée de ce genre de jeu fait pour moi partie de ses qualités.
C’était avec mes deux petits Orcs, notre premier partage d'un jeu d’ouvrier et de cubes. Et… j’ai vraiment bien aimé, je ne me suis pas ennuyé une minute, mais surtout, eux… non plus !
Personne n’a décroché malgré la jeunesse des joueurs (6 et 10 ans). Il faut dire que nous avons fait quelques pauses rafraîchissement ! C’est le genre de jeu que l’on peut laisser en plan pour repartir un peu après, ça ne pose aucun problème.
Les scores à l'arrivée étaient serrés. Mais ils ne se sont pas inversés tout du long ce qui semble indiquer qu’il faut veiller à prendre un bon départ et que la moindre action mal optimisée se paie cash à la fin. Difficile de "doubler" dans la course au prestige.
Je conseille donc cet "Architecte de la Reine" aux amateurs du genre et à ceux qui auraient envie de s’y frotter. Il constitue une bonne entrée en matière car il ne comporte rien de compliqué dans ses règles finalement. il est donc Facile à jouer. Le plus dur ? Ce sera sans doute d’optimiser avec suffisamment de régularité pour gagner !