Des trains + des cubes + Wallace = Pas forcement un AoS !
Le troisième opus de la "Treefog Line" de Martin Wallace est un jeu bien agréable même si il ne m'a pas autant convaincu que l'excellent premier jeu de la série qu'était "Tiner's Trail".
"Steel Driver" est constitué d'un ensemble de mécaniques simples et pas forcement novatrices, mais dont l'articulation induit une profondeur stratégique bien intéressante. La plus grande partie du jeu est une lutte pour le contrôle des six compagnies ferroviaires qui vont s'étendre sur le continent nord américain en à la fin du 19ieme siècle. Les tentatives de prises de contrôle des compagnies vont leur donner des potentiels économiques de développement et par conséquent augmenter leur valeur en vue de la fin de partie. On pourrait rapprocher ces mécanismes à un 18xx (très) light. La seule dimension "réseau" de l'ensemble intervient en fin de partie quand vous aller évaluer les valeurs intrinsèques des compagnies à partie de l'extension et de la diversité de leurs réseaux. Tout cela est saupoudré de quelques mécanismes subtils à base d'initiative et de prise de contrôle momentanée de compagnies adverses qui rendent le jeu aussi très tactique.
Ce qui est plaisant, c'est que la complexité stratégique ne s'accompagne pas d’une complexité des règles. Pour ma part, une seule lecture de 20 minutes de la règle anglaise m'a suffit pour appréhender les règles sans erreur. La durée de jeu est annoncé a 60 minutes, mais elle est linéairement dépendante de la capacité des joueurs à réfléchir longuement sur certaines positions, et il faut avouer qu'il est bien facile de l'emberlificoter les neurones pendant 10 minutes si on n’est pas rappelé a l’ordre par ses congénères... Bref, sans faire attention, on peut facilement arriver à des parties de deux heures.
Le jeu est annoncé de 3 à 6 joueurs. Etant donné qu'on se dispute le contrôle de 6 compagnies, on comprendra aisément que la lutte est plus violente à 4 ou 5 joueurs. Néanmoins, il n'est pas évident que le contrôle des nombreuses compagnies en fin de partie soit gage de victoire, car il est possible d'acquérir des revenus tout au long de la partie.
Le point négatif de ce jeu est qu'il a du mal pour moi à subir la comparaison avec "Tiner's Trail" qui était bien plus immersif que l'est "Steel Driver". Je n'ai pas ressenti le sentiment d'être un pionnier du chemin de fer, ni de découvrir des mécanismes inconnus de l'extension ferroviaire américaine du 19ieme siècle.
En bref, "Steel Driver" est encore un jeu simple, limpide, stratégiquement et tactiquement très intéressant de Martin Wallace, un peu moins immersif que souhaité. Dans le genre, jeu simple et immersif de la gamme « Treefrog », je lui préfère, vous l’aurez compris, "Tiner's Trail".