Ah, la belle poule que voilà !
Type de jeu : Le même, mais en luxueux qu’on fait le malin quand on l’a.
Nombre de parties jouées : 6 parties de luxe. Je me refuse d’ailleurs désormais à pratiquer sur une autre version. La poule est vraiment trop belle.
Avis compendieux :
Alors d’aucuns esprits mesquins et désagréables iront jusqu’à prétendre qu’icelui est plus laid que la version originale. Laissez-moi rire. De tels fieffés coquins n’ont pas les yeux en face des mirettes, ce ne peut être autrement. Ou alors, ils me taquinent parce que j’ai dépensé moult piécettes trébuchantes pour l’acquérir. Ce qui n’est pas drôle. Du tout. On ne se moque pas de mon Caylus de luxe, non, pas permis. Ces gens-là diront, n’ayant pas peur de faire montre de leur mauvaise foi éhontée, que le plateau est sombre. Ah ah, ces gens-là n’ont-ils donc pas contemplé les peintures qui ornent le Palais des Papes à Navignon ? Mmh ? M’enfin. Mais j’en reste là pour l’instant, je m’étendrai plus sur le problème dans la partie appropriée. Du reste, je ne vais pas m’étaler, cette version du jeu, au niveau ludique, étant strictement la même que celle du jeu de base, hormis la tuile Orfèvre, que l’éditeur et l’illustrateur ont bien voulu rajouter suite à un petit fèces nerveux d’internautes.
Clarté des règles (-) : cf. version standard. Juste que je n'ai pas eu la version française des règles. Mais m'en fous, j'ai appris l'Anglais à l'école.
Qualité du matériel (5) : Et bien oui, madame, un 5 et encore bien pesé. Trop sombre, mon Caylus de luxe. Non mais franchement. Et puis pas lisible. Pff, ces gens qui ont leurs petites habitudes, franchement. Les gens que j’ai initié à Caylus (voire au jeu de société) directement avec cette version les ont trouvées fort lisibles, ces tuiles. Suffit de ne pas être psychorigide. Est-ce que je suis psychorigide, moi. Non. Bon. Par contre, il est vrai, si je puis me permettre, les cubes marron et violet, franchement, par un mauvais éclairage, on a du mal. Même les dames avec leur tendance faiblement marquée à confondre les couleurs, c’est dire (oui, parce qu’il semblerait que la faculté de bien distinguer les couleurs se trouve sur le petit bout de chromosome X qui ne se retrouve pas sur le chromosome Y, ou alors c’est plus compliqué que cela). Mais c’est le seul bémol que j’accepterai. La tuile avec la poule. Franchement. Elle n’est pas belle, peut-être ? Mécréants ! Ignares ! L’illustration de la boîte fait honneur au jeu de société, oui monsieur, elle lui donne ses cachets de noblesse, parfaitement madame et ceux qui oseront énoncer le contraire feraient bien d’aller les prendre, les leurs, de cachets. Non mais. Dire qu’on préfère l’autre illustration. Franchement. Je pouffe en douce sous ma cape. Ah oui, il y a les gens qui disent qu’on ne voit pas bien le chemin. Alors il faudrait savoir, hein, soit vous êtes psychorigide et vous aimez les chemins bien à angles droits, soit vous ne l’êtes pas. En plus, dans ce genre de villes nouvelles, on faisait des rues à angles droits, je ne sais pas si ce fut le cas à Caylus, mais cela l’est pour un certain nombre de bastides du sud-ouest. Et les pièces, vraiment sonnantes et vraiment trébuchantes (si au passage vous vouliez bien condescendre à m’expliquer l’origine de cette expression que j’utilise à tort et de travers sans doute, cela m’agréerait fort, merci bien), elles ne sont pas belles ? Hmm ? Bon, certes, ce sont des fausses. N’allez pas les mettre sous le nez d’un numismate, il se rirait de vous. Ce qui ne serait pas drôle. J’ai aussi l’impression qu’elles supportent assez mal la transpiration des joueurs angoissés, ce qui m’a obligé à contraindre mes gens (oui, je nomme les personnes qui participent à mes parties « mes gens », et alors ?) d’y jouer en gants, ce qui fait quand même plus classe, vous en conviendrez. Et l’aumônière ? Elle est-y pas réussie, l’aumônière ? Oui, parce que ça s’appelle une aumônière, ce genre de bourse-là. Alors bon, on lira ici ou là, oui, les maisons, ils auraient pu mettre autre chose. Oui, peut-être, mais quoi ? Hein, quoi ? Bref, les gens qui disent du mal de cette version sont assurément d’affreux radoteurs ostensiblement jaloux de ma poule, c’est évident.
Reflet du thème (-) : cf. version standard. Mais permettez-moi de faire l’addendum suivant. Lorsque, poussé par un élan de sérieux dont je ne suis plus guère coutumier, j’entrepris la lecture de « Les Piliers de la Terre » in ze text siouplé afin d’évaluer si le jeu du même nom respectait bien ou non la trame du roman, je fus frappé par le fait que Caylus, plutôt que de porter sur la description des liens qui pouvaient réunir au Moyen-Âge un bailli et un prévôt, voire celle des mœurs sous-tentières d’un roi paillard, montrait en fait parfaitement comment une ville prenait son essor lorsque, par la volonté d’un puissant monarque ou seigneur, l’on y édifiait un bâtiment de quelque importance. L’attrait du chantier pour les bâtisseurs plus ou moins nomades et la longueur des travaux qui les y fixait durablement, étaient le socle d’une prospérité qui, bien menée, pouvait perdurer. Dans « Les Piliers de la Terre », la petite ville de Kingsbridge qui végétait à l’ombre de son monastère mené mollement par un prieur cacochyme connaît un essor fulgurant dès lors qu’un nouveau moine au profil de jeune cadre dynamique aux dents longues mains néanmoins sympathique (le jeune cadre, donc, pas les dents puisqu’il n’y a pas de s) y amène ses sandales et sa robe de bure avec des idées plein la tête, notamment celle, un peu folle, d’édifier une cathédrale. Afin de permettre ce chantier, et une fois qu’il est en place, l’économie locale va être fortement développée, selon des mécanismes qui rappellent fort les jeux de gestion. Cet aspect n’est pas vraiment traité dans les Piliers de la Terre (le jeu) mais l’est évidemment dans Caylus (de luxe ou pas, mais ça se voit mieux dans le de luxe avec la poule bien sûr) : on voit d’abord de nouveaux bâtiments fleurir, en bois, parce qu’on n’est pas très riche au début, puis, la présence de nombreux maçons aidant et l’argent rentrant, apparaissent des maisons de pierre, puis de riches résidences. Et, effectivement, on pouvait être amené à faire table rase de vieux bâtiments pour y en mettre de nouveaux (bon, que les grands édifices publics aient pu prendre la place de résidence, je demande à voir, mais sait-on jamais ; mais cet aspect-là est surtout là pour des raisons ludiques je pense). Alors voilà, je vois moins l’aspect du bailli qui court après le prévôt et plus l’émergence d’une ville qui naît à présent en jouant avec mon Caylus de luxe bien sûr.
Avis comportant ratiocinations et autres superfétations :
cf. version standard.