Pas mal du tout
Mondo est d'abord un jeu familial. Le mode novice confronte chaque joueur à un gentil casse-tête. En 7 minutes chrono (ça passe assez vite, 7 minutes, en fait !), il faut dessiner avec les tuiles disponibles un monde aussi cohérent que possible dans lequel des animaux aussi nombreux que possible arpentent des terrains aussi variés que possible. La réserve de tuiles est partagée entre tous les joueurs, ce qui est l'unique vecteur d'interactions entre eux, mais ces parties d'initiation, bien que très sympathiques, laissent chacun dans son coin, penché sur son plateau (d'ailleurs il doit être assez facile de tricher, heureusement les amis des jeux colorés pleins d'animaux ne trichent généralement pas). A la fin de la manche, on compte les points, on applaudit la création du vainqueur, et on repart volontiers pour essayer de mieux faire. 3 manches de 7 minutes + un peu de comptage de points = en une demi-heure, c'est plié.
Les règles avancées, et la progression des joueurs, proposent un défi plus intéressant : le temps est réduit, les critères de victoire sont tirés au hasard, on pioche et pose frénétiquement ses tuiles en relevant occasionnellement la tête pour voir si un adversaire n'a pas déjà posé la tuile triple "forêt/plaine/eau" dont on va avoir besoin ou si un autre ne s'est pas déjà positionné pour le bonus du "désert aux trois scorpions", histoire de ne pas perdre 30 précieuses secondes à chercher le matériel nécessaire !
En somme un jeu joli, rapide et plaisant avec une vraie attractivité pour les non-joueurs et une belle durée de vie. Ce qui m'empêche de lui mettre 5, c'est l'impression de jouer un peu dans son coin (accentuée pour celui qui connaît le jeu mais joue en mode "pépère" avec des débutants)et son corollaire, que j'appellerais l'effet "Jungle speed" : vous savez, cette frustration devant le constat que vous n'arriverez pas à battre certains joueurs dont la combinaison "réflexes/concentration" les place hors de votre portée, parceque vous aimez jouer à la cool et que le jeu ne vous offre pas d'échappatoire (imagination, diplomatie...)