Une progression intergalactique
Starfighter c'est un jeu à deux qui répond à deux critères très importants pour notre groupe de joueurs. Dans un premier temps c'est un jeu qui a une durée idéale pour le nombre de joueurs indiqués : 20min pour des connaisseurs qui jouent rapidement et 30 à 40min pour des joueurs débutants et/ou lent à jouer. Dans un second temps, c'est un jeu qui même s'il a une durée courte-moyenne, donne l'impression aux joueurs de réfléchir, poser une stratégie. C'est un jeu profond.
L'édition du jeu est presque irréprochable. Les cartes et les plateaux-croiseurs sont solides, la boite n'est pas trop grande et pourra largement contenir de nouvelles cartes si extension il y a. Le seul bémol qu'on lit déjà partout, c'est les marqueurs de dégâts, qui peuvent, si on joue avec des brutes, vite bouger et donc perturber le décompte. Une application est trouvable pour palier au problème, mais pour l'instant j'ai la chance de jouer plus régulièrement avec des gens calmes avec qui ça ne bouge pas trop.
Côté thématique j'étais un peu sceptique. Le côté science fiction ne me dérange pas du tout, j'aime bien même, mais j'avais du mal à croire les critiques parlant d'une thématique immersive. Quand j'ai vu les vidéos et photos, je dois dire que le côté croiseur et affrontement de chasseurs en ligne, je ne le voyais pas des masses. Et puis finalement en jouant ça prend quand même vie. Je n'irais pas jusqu'à dire que je vois des chasseurs virevolter dans le ciel, mais en tout cas quand je joue j'ai vraiment l'impression de mettre en place des chasseurs et de voir des lignes s'affronter. Je trouve que c'est d'autant plus visible avec l'effet « destruction de chasseur ». Bref, c'était pas gagné, mais finalement ça fonctionne assez bien.
Mais finalement la plus grosse qualité du jeu pour moi c'est la fabuleuse courbe d'apprentissage, qui est en plus calculé. C'est à dire qu'il faut s'attendre lors des premières parties à ne percevoir que la partie émergé de l'iceberg. Au début on tâtonne, on fait des testes, on voit si ça marche, on apprend de ses erreurs. Le mode entraînement prévoit justement des cartes aux effets relativement simples et deux croiseurs, plus facilement maîtrisable que les deux autres présents dans la boite, afin de se familiariser aux mécanismes. Le mode escarmouche introduit les deux nouveaux croiseurs, ainsi que des nouvelles cartes avec 4 nouveaux effets plus violents. Ce mode de jeu permet aux joueurs de peu à peu gagner en réflexes, en maîtrises, en anticipations. Bref, de véritablement dompter la bête et de peu à peu la maîtriser. Clairement, ce mode de jeu pourrait presque se suffire à lui même, tant il faut envisager un nombre très importants de parties avant de se lancer dans le mode guerre totale. Pourtant le jeu a aussi été conçu pour aboutir à ce dernier mode de jeu, ou on construit son propre deck. Alors forcément cette perspective est très attirante et même quand on sait qu'on est loin de pouvoir se lancer dans l'élaboration d'un deck, on se surprend à réfléchir à des éventualités, des combos et des équilibrages de cartes en fonction de tel ou tel croiseurs. Alors même si je n'y suis pas encore, et que je viendrais étayer ma critique du jeu quand j'aurais essayé le mode guerre totale, clairement, je sais que j'y viendrais tôt ou tard, parce que le jeu est suffisamment addictif pour donner envie d'y revenir et de persévérer.
Starfighter est donc une belle réussite. C'est un jeu d'affrontement assez immersif, très profond, avec une courbe d'apprentissage qui nécessite une certaine persévérance et il est tellement bon, qu'on a qu'une envie, y revenir. C'est exactement le type de jeu pour deux qui me manquait.