Foncez sur Rome
Pourquoi ce jeu n’est-il pas plus "connu" ? Pourquoi, lorsque je le demandais dans des boutiques spécialisées, les vendeurs me regardaient avec un air d’incompréhension ? Pourquoi est-il difficile de le trouver ? Il n’est pourtant pas vieux (2005) et surtout, il est excellent. Vraiment. Un petit bijou, classé dans le hit-parade des jeux à 2, tendu, stratégique, varié, avec de nombreux rebondissements.
D’abord, il mélange astucieusement hasard et réflexion. Dans beaucoup de jeux d’affrontement, on tente une action et on lance un ou des dés pour déterminer la réussite ou l’échec de cette action. Dans Roma, c’est le contraire. On lance d’abord les dés, et en fonction du résultat, on peut réaliser certaines actions, en activant certaines cartes. C’est simple et génial car on a beau posséder des cartes très puissantes, encore faut-il pouvoir les activer. Il faut donc adapter sa stratégie au hasard.
Ensuite, il offre deux manières de gagner : soit une course aux points, puisque quand tous les points de victoire de la réserve ont été attribués, le joueur qui en a le plus gagne la partie, soit une lutte à mort pour dépouiller l’adversaire de tous ses points, qui perd alors la partie. Il faut, soit se renflouer, soit attaquer l’autre… le plus souvent les deux !
Le matériel est beau sans être pléthorique. Le jeu est rapidement installé. Il n’y a pas de plateau mais des "disques dés", des dés, des cartes, des pièces de monnaies (des sesterces bien sûr !) et des pions représentant les points. Les illustrations des cartes sont très belles. Parmi ces cartes, il y a des bâtiments et des personnages. Certaines cartes sont "agressives" : catapulte, centurion, légionnaire, qui permettent d’attaquer l’adversaire et de lui détruire des personnages ou des bâtiments. D’autres sont "constructives", comme le forum qui permet d’amasser des points de victoires. D’autres enfin offrent des pouvoirs spéciaux, comme la possibilité de choisir une carte dans la pioche ou de voler des points à l’adversaire. Tous ces pouvoirs sont vraiment en rapport avec la nature du personnage ou du bâtiment qui figure sur la carte.
Bref, si le thème est sans doute plaqué, il l’est merveilleusement et on adhère très vite. Les parties se renouvellent bien, et il n’est pas rare d’être proche de la victoire pour finalement se faire rétamer ! Attention, il faut quelques parties d’acclimatation avant que le jeu tourne parfaitement, car il nécessite de bien connaître les pouvoirs de chaque carte. On se rend alors compte que certaines sont plus puissantes (et donc plus utiles) que d’autres. Et puis, reste le gros point noir de Roma : la traduction abominable des règles allemandes. Mais il ne faut pas s’arrêter à ce détail. Ce n’est pas un détail me direz-vous ? Certes, mais ce jeu est tellement bon que ça en devient un ! Sur le forum de Tric Trac, on trouve facilement les règles bien traduites et les explications de joueurs avertis sur tous les points qui posent problème. Alors foncez sur Rome !
Les +
Mélange subtil de réflexion et de hasard, mélange tout aussi subtil de développement et d’affrontement, beau matériel, illustration des cartes magnifiques, parties tendues, incertaines et toujours renouvelées, thème très bien restitué, jeu facile à installer et à transporter, on ne voit pas le temps passer (même si certaines parties peuvent durer une heure)
Les –
Jeu qui nécessite un petit temps d’adaptation pour bien connaître les cartes, cartes déséquilibrées car pas toutes de la même valeur et surtout, règles brouillonnes, mal traduites, qui peuvent induire en erreur