7 Wonders : le reboot.
Avant de parler d'Architects, voici un peu quelle est mon histoire personnelle avec cette licence.
Je ne suis pas friand du 7 Wonders original. Je ne le trouve en effet pas simple à expliquer, ni à appréhender. Malgré ses qualités ludiques évidentes, et sa thémathique mythologique que j'affectionne, je ne suis jamais parvenu à accrocher totalement. Aujourd'hui, en 2021, je lui préfère d'autres titres en terme de jeux de drafts et de combo ( It's a Wonderful World, entre autres ) a qui il a cependant ouvert la voie. Expliquer ce jeu à des néophytes n'a jamais été chose simple, et soit ça passait, soit ça cassait. Je l'ai donc cédé, sachant qu'il ne risquait plus de ressortir de ma ludothèque et que, en dépit de ce que j'en pense, ses qualités font que cela reste un classique incontournable qui n'a pas à dormir dans une ludothèque.
En revanche, j'ai adoré la version duel, selon moi le meilleur titre de la licence. Beaucoup plus facile à expliquer, à appréhender, un gameplay au petits oignons pour des parties très tendues.
Et maintenant voilà qu'un 7 Wonders dit familial fait son apparition. Bon, je me dis "ok, la même chose en moins bien." Je m'intéresse, regarde des vidéos, et lis des avis. "Trop bien", "super" "parfait pour jouer en famille" "excellent" "parfait pour conquérir de nouveaux joueurs". Ok, la ça m'intéresse. Je prends le jeu, me disant que bon, s'il ne me plait pas, il buzze suffisamment pour que je retrouve un acheteur rapidement.
Et bien, verdict : j'ai adoré ce qui est à mon sens un reboot total de la licence pour en faire autre chose. Ce n'est pas du tout le même jeu que l'original, même si l'ADN reste présent.
Pourquoi j'ai aimé ?
Tout d'abord : édition au top. Chaque merveille à construire est rangée dans sa boite, et possède son propre deck de cartes. Les illustrations sont nickel. Hyper simple à mettre en place : tu prends ta merveille, tu ouvres sa boite, tu l'installes, tu mélanges ton paquet de cartes et hop, c'est parti.
Les règles : tu as deux pioches dans lesquelles tu peux te servir, et une pioche au milieu. A ton tour, tu pioches une de ces trois cartes, et le cas échéant, tu déclenches des effets et des combos. Voilà. Explication de règle en deux minutes montre en main, et pas de questions ni de retour à la règle. On joue tout de suite. Là ou sur l'original, les néophytes posaient régulièrement des questions en pleine partie, oubliant les effets de certaines icônes. En animation, l'original a été l'un des rares jeux à me poser ce genre de souci. Parfois à la première partie, ça passait avec certains. Avec d'autres hélas, ça a été l'effet inverse.
Malgré des règles simplistes, Architects n'est pas non plus dépourvu de tactiques pour autant. Parfois des choix semblent évidents. A d'autres moments ils sont cornéliens. Et là, même sans le draft, on retrouve le facteur premier de l'ADN de la licence : la dynamique de choix. Elle est présente, et bien présente, ce qui donne au jeu la dose de tactique qu'il faut pour lui éviter de tomber dans le piège du bête jeu de pioche de cartes.
Dans ce nouveau 7 Wonders, on a donc des parties rapides et fluides. Et une partie en appelle souvent une autre. Tout de suite.
Donc oui, je m'attendais à un 7 Wonders en moins bien, je me retrouve avec un titre accrocheur, fluide auquel absolument tout le monde, néophyte total comme joueur confirmé, peut jouer. Ce n'est certes pas le jeu où on ira chercher de la stratégie comme peut le faire l'original. Mais c'est un jeu qui peut rassembler néophyte, occasionnel, et joueur confirmé qui n'a pas envie de se prendre la tête et qui a envie de faire une partie rapide. Seul le hasard des trois pioches rébutera les férus du contrôle, pour qui ce jeu n'est clairement pas fait et qui pourront avoir l'impression de subir leur partie.
Il s'agit donc bien la d'une toute nouvelle proposition dans cet univers, et je ne serai pas surpris de voir une ribambelle d'extensions poper les prochaines années, comme pour l'original et Duel. Bauza a réussi son pari de faire un jeu réellement accessible à tous types de joueurs, et pour ça, chapeau.