Point de croix
Mon avis après une dizaine de parties de Dékal à 2,3 et 4.
Pourquoi je l'ai acheté?: Après l’avoir découvert à 4 au festival LudiGeek en novembre, je l’ai acheté dans une boutique de jeux à Fécamp, en Normandie.
Illustration : Absente, et pas nécessaire
Thème: Absent,et pas nécessaire
Matériel : Minimaliste et qui ne se prend pas pour autre chose… Petites cartes parfaites pour rentrer dans une petite boite qui rentre elle-même dans un petit sac qui se pose sur un petit dos. Du coup, on peut l’emmener partout, et ça c'est cool!
Règles/mécanique : Simplissime, vite acquise, 3 lignes de règles. Les parties sont de plus en plus rapides jusqu’à durer moins de 5 minutes à deux. Malheureusement, à mon sens, il n’y a pas le minimum de profondeur stratégique nécessaire pour donner l’envie d’ y retourner. La part de hasard est très importante, et un mauvais tirage en fin de partie peut littéralement déterminer le gagnant, ou en tout cas le perdant. Ceci dit, et il fallait le dire ( cette formule n’était pas nécessaire, mais je l’aime beaucoup), la superficialité du jeu amène autre chose assez étonnement : le mode automatique. En effet, les parties sont rapides et elles s'enchaînent. On adopte plus ou moins rapidement une stratégie de placement qu’on suppose la plus efficace. Le temps de réflexion régresse et on se transforme en petit robot retourneur de cartes. En ce sens ( disparition de la réflexion et mouvements automatiques), Dékal devient un passe-temps et plus un jeu.
Vous vous souvenez de votre grand-mère qui crochetait des écharpes en laine? Vous aviez 8 ans et vous étiez fasciné par la vitesse de ces mouvements qui semblaient complètement dénués de logique. Pourtant, dans une incompréhensible chorégraphie, le clic-clic-clic des aiguilles finissait toujours par former, comme par magie, une écharpe assortie à votre nouveau manteau d’hiver.
Votre grand-mère ne jouait pas, elle passait son temps. Ce mouvement répétitif des points de croix, de maille chaînette et de demi-bride, rappellent ceux de Dékal : retourner une carte, choisir une carte, glisser une carte, et on recommence. Encore et encore. Alors bien sûr, parfois on perd, parfois on gagne. Mais surtout, on refait une partie, comme on refait une ligne supplémentaire, pas par goût du jeu, mais car on veut rester dans le confort chaud de ses pensées, suivre le fil de ses idées. Ne pas parler, réfléchir. Ces pensées qui attendaient une fenêtre dans votre semaine pour se déplier, prendre leur place.
Avec qui y jouer? C’est un autre avantage du jeu, on peut jouer avec tout le monde! C’est facile d’accès.
Rejouabilité/Est-ce qu'on pourrait organiser les Championnats du Monde de Dékal ? Non, nous ne pouvons pas. Trop de hasard, autant organiser les championnats du monde de Pile ou face.
Variante/extensions: il parait que Dékal est une variante de Skyjo. Je n’y ai joué qu’une fois, il y a deux ou trois ans. Je peux pas vraiment dire du coup…
Le moment idéal pour y jouer: Ma fille et moi avons enchaîné quelques parties sous la couette, à la lumière des lampes de chevets, un soir de vacances d’hiver…..Je ne sais pas si c’était le moment idéal pour y jouer, mais on chérit ce souvenir tous les deux…
En conclusion : Achetez Dékal, ou ne l’achetez pas. Ou achetez-le, enchaînez les parties et plongez votre réflexion sur l’utilité de cet achat. Du coup, jouer à Dékal, c’est presque prendre soin de soi. Après 1000 parties, vous ne serez qu' à peine meilleure qu’après la première. Mais vous aurez pensé à votre grand-mère, ce qu’elle vous a laissé, ce que vous laissez à la tête blonde avec qui vous jouez sous la couette.