Scordia
La couverture apaisante avec cette maman et son fils ne doit pas cacher ce que le bambin tient dans les mains : 3 dés de couleurs. A l’instar de jeu comme Qwixx, Très Futé, ce sera ce même principe qui sera appliqué ici. Le joueur actif prend un dé, les autres utilisent un de ceux qui restent. Mais pour quoi faire ? Le but est de placer ses meeples de couleurs différentes (15 au départ) sur ses bâtiments (port, ferme, militaire pour contrer les attaques des barbares…). A chaque fin de manche, tous les ouvriers qui ont travaillé repartent dans la réserve. On en pioche à nouveau un certain nombre qui varie. Le premier qui n’a plus d’ouvriers gagne la partie. Pas de salade de points. Sans être touffu, le jeu vous emmène (quand c’est possible, les dés ne font pas toujours ce que l’on veut et on ne tire pas toujours la bonne couleur de meeple) dans des directions variées. Vous pourrez donc, sur votre plateau personnel, bâtir les fondations, puis les bâtiments qui accueilleront vos ouvriers et, c’est le but du jeu, en caser un maximum. Jeu dans son coin, basé sur l’optimisation, il faudra avancer sur trois pistes vous permettant, à terme, de vous débarrasser de x ouvriers ou de ne plus tenir compte de leur couleur et de placer n’importe qui n’importe où. Le jeu fonctionne aussi par combo : un de vos bâtiments possède le symbole dé bleu de valeur 3 et c’est justement celui là qui a été tiré, on active et on fait le pouvoir. Vous avez deux tuiles avec un 3 bleu, on active 2 fois (il existe aussi une couleur neutre). Vous voyez le genre. Discordia est assez original et même si la chance est présente, il est calculatoire. Voir un peu vicieux : moins vous avez d’ouvriers, plus il est difficile d’avoir la bonne couleur. Il faut donc bien choisir sa tuile bâtiment, préparer ses actions (fondations- bâtiments- extension), débloquer les pistes bonus (surtout celle qui minimise le besoin de couleur). Cela donne un effet prime au gagnant qui peut être gênant si un joueur est parvenu rapidement à avancer sur la bonne piste (ou prendre les bons privilèges). Les règles sont écrites avec les pieds, il nous aura fallu une partie avant de nous y mettre vraiment. Bon point, les plateaux, tuiles… tiennent sur une table normale, pas de démesure et ça fait plaisir. Discordia est pourvu d’une belle édition et d’un système de jeu malin. Si le jeu n’est pas complexe dans son propos, il va vous secouer le cerveau, il faut s’adapter, planifier, optimiser. Et tout cela avec trois petits dés !!!