On ne va pas y couper
J’ai lu qu’il ne faut pas s’arrêter à l’apparence et c’est vrai. La couverture sombre et sobre (en plus j’avais lu Queer et je jouais déjà à Molly House) n’est pas des plus attirantes. Mais, le délit de sale gueule ludique, ça ne marche pas et, une fois encore, la beauté est intérieure, toute proportion gardée. Voilà un jeu qui fourmille d’idées, dont les illustrations sont un peu plus fouillées qu’on le croit en survolant le paquet. L’originalité de la mise en place surprend. On place les cartes en colonnes, le but étant de poser une de nos cartes tout en bas pour prendre celles du haut et ainsi valider des objectifs (poser une couleur violette/rouge/jaune mais pas bleue/avoir un brelan de 2, une suite…). Plus subtil sont les petits bonus, indispensables, qui parsèment le jeu. Chaque couleur a un effet (et chaque dos de cartes affichant un effet, la rejouabilité est énorme) qui peut permettre de bons enchaînements. Cela pourra être par exemple de prendre 3 cartes au lieu de 2, de prendre autant de points que la valeur de la carte qu’on recouvre etc… Des contraintes de fin de partie (les désirs de la Reine) sont à surveiller (scorer la couleur dont on a le moins d’exemplaires/nombre de carte d’une même valeur multiplié par cette valeur…). Il faut prévoir, observer le voisin pour ne pas lui donner des points et s’adapter puisque les colonnes sont mouvantes. A la fois chaotique puisque tout bouge tout le temps avec une notion de course (la partie peut finir avec la disparition d’une colonne) tout en étant également réfléchi, tendu, ce jeu, même s’il n’est pas parfait, a le mérite de surprendre et tente le pas de côté dans la déferlante des produits copiés/collés actuels. Il serait dommage de passer ce jeu à la guillotine de l’oubli sans l’avoir essayé.