Tour de geai
Chaque joueur dispose d’un plateau parc personnel à remplir de tuiles d’animaux sur lesquelles poser des dés de haute valeur si possible. Le petit ajout qui va créer la dynamique est ce plateau réserve commun où l’on va poser tuiles et dés de couleur. Commun car il va circuler de voisin en voisine avant de vous revenir et repartir. On va déjà passer sur le côté marketing du jeu, la nature n’est ici qu’un énième prétexte pour habiller un jeu totalement abstrait, un puzzle que l’on monte dans son coin, même si le décor et le matériel créent l’ambiance. On est clairement dans un des nombreux jeux de poses de tuiles qu’on a croisé ces derniers mois sans réelle nouveauté sur la base. La force de ce jeu réside dans son équilibre des valeurs (on se dit que poser des 6 est facile et…ben non) et le draft du plateau réserve. Si au début de chaque manche on a pas mal de dés dans lesquels on peut taper, on est déjà dans le dilemme : la tuile ou le dé ? On va passer le plateau à sa voisine. Peut être que mon dé reviendra, il suffit d’y croire, non ? Si le jeu à deux permet ce genre de risque, à plus c’est rare de revoir ce qu’on a laissé passer. Un double questionnement frustrant mais qui pousse à enrichir ses futurs choix. Le jeu se déroule toujours sur deux niveaux, tuiles et dés, première et seconde manche. La première manche permet de construire des tours, de créer des collages de terrain jusque l’entrée, encore faut il les valider et placer des dés. Ce paysage qu’on dessine est la fondation du score de la deuxième partie et il faut se préparer à la suite. Faut-il sacrifier la diversité des animaux pour s’étendre. A-t-on assez de multiplicateurs dans la zone ? Spectacular a du niveau et parvient donner un coup de boost à la pose de tuile. Si le jeu est rapide, il est dense et demande une réelle concentration, et de jongler entre planification et adaptation, calcul de points et prise de risque minimum. Agencement, spatialité sont au programme. C’est vraiment le draft qui le rend sympathique et moins froid, car au final, on joue dans son coin, solo multijoueur, oeuvrant à sa propre construction, rapidement, puisqu’on peut jouer quasi simultanément.