Il risque de rester dans l’ombre
Dans un marché où les éditeurs proposent des jeux non finis parce que ne rien sortir pendant un mois est inacceptable , il faut se démarquer et attirer l’œil. Et l’œil aime le beau. Sans être une normalité, certains produits font un gros travail sur leur allure au travers de cartes vernies, tapis néoprène ou tissu (citons Flamecraft et plus récemment Courtisans ou Snowcrest). Shadow Theater est wow ! avec ses meeples singes, la boîte qui s’ouvre pour créer le décor, son plateau en relief et son visuel poétique. Ce jeu à deux mélange pose d’ouvrier (les singes), effets et course, car, lorsqu’une des ressources (jade, pêche, arme) est épuisée, c’est la fin de la manche. A chaque tour, on place un singe sur un des trois lieux et on fait l’effet (ramasser une ressource qui permet de valider des points en fin de manche), prendre une arme céleste (voler une ressource, prendre une ressource dans un lieu où l’on n’est pas…) ou, deuxième possibilité, on récupère tous les singes d’un lieu. Le pion roi singe (qui peut être déplacé) indique le lieu dans lequel on peut se servir des armes. Si les possibilités d’action semblent grandes sur le papier, elles deviennent vite restreintes sur le terrain. Ce duel est simple : je prends, je pose… J’ai même pensé à la Bataille au cours de la manche. Car rien n’est impactant au final, si on ne valide pas le jade, on fera des points avec les pêches ou avec les armes célestes non utilisées. On regrette une tension manquante, une petite réflexion. Le jeu n’est pourtant pas dénué d’intérêt car l’aspect course pour récupérer des ressources est amusant, jouer avec la présence du Roi singe pour activer les armes est une bonne idée, mais ces bonnes intentions restent en surface. La partie découverte est amusante, la seconde un peu moins et on en fait vite le tour. L’ajout de tuile parchemin (quand vous ne récupérez qu’un singe, prenez une ressource/Quand vous placez un singe sur le jardin céleste prenez un singe…) pimente doux-cement le déroulement. Un joli jeu familial, plaisant sur quelques parties mais sur lequel plane l’impression qu’il aurait pu faire mieux. Rideau !