Un maître du jeu et trois joueurs, un soir, autour d'une table éclairée à la bougie. Le maître du jeu suit un conducteur qui lui dit quoi remettre, et quand ; il n'a rien à connaître du jeu avant de commencer. Les trois autres ouvrent une convocation sous enveloppe et deviennent les héritiers de Charles Delorme, mort en 1919, convoqués par un notaire de Bellême, Maître Renard, qui leur remet un dossier fermé.
Le dossier est fait de documents d'époque reconstitués — lettres, registre, plans, un numéro de journal local de 1914 recréé à la main d'après la presse percheronne. On les lit, on les recoupe, on en discute. La partie s'achève sur la lecture d'une dernière lettre, et sur une transmission. Les faits sont compréhensibles pour qui va au bout, rien n'est caché ; le jugement porté sur ces faits appartient à chacun. Il n'y a ni chronomètre, ni condition de victoire, ni solution remise à la fin.
Le cadre est réel : Mortagne-au-Perche, Longny, Bellême, et le contexte de l'Orne pendant la Grande Guerre, dont l'accueil de familles réfugiées. Le domaine, les personnages et les documents sont inventés.
La question que la table emporte, une fois la nuit reconstituée : un mensonge peut-il être juste ? C'est là que les soirées se prolongent, souvent bien après le dernier document.