De la programmation étonnament souple
De la marque familiale historique Jumbo, j'ai vu ces dernières années passer beaucoup de nouveautés soldées, qui atterrissent parfois carrément dans des magasins d'invendus (Noz et Action).
La plupart de ces jeux s'avéraient assez bons au niveau des mécanismes, mais ils avaient un côté désuet, voir carrément ringard en face de la concurrence actuelle.
Au milieu de tous ces jeux honnêtes mais d'une apparence un peu affligeante, How to rob a bank fait figure d'exception: même s'il reste un jeu de programmation basique et sans ambition, il a un look vraiment sympa et se sort haut la main des pièges du genre, le principal étant d'être extrêmement agaçant quand les choses ne se passent pas comme prévu.
Ici, même le fiasco complet ou partiel d'une série d'actions reste amusant et donne envie de faire mieux à la manche suivante (la banque comporte 3 niveaux). Les actions sont simples mais bien pensées, juste assez triture-neurone pour ne pas nous ennuyer sans pour autant nous prendre la tête. Je jouais récemment à un jeu de programmation beaucoup plus complexe (Vasco da Gama) qui réussit exactement de la même manière à être plus drôle qu'agaçant en cas d'échecs des plans pour la manche. Le point commun entre ces deux jeux, c'est la souplesse dans la phase de résolution.
How to rob a bank s'avère un "faux" jeu coopératif (comme par exemple Scotland Yard) puisque 2 camps s'y affrontent: les gardiens (joués par un seul joueur) et les voleurs (les 2 ou 3 autres joueurs, sachant que je vous déconseille d'y jouer à 2 seulement). C'est aussi (et tant mieux) un "faux" jeu de programmation, car en réalité on joue toutes nos cartes face visible chacun à son tour, presque comme si on effectuait déjà les actions, sauf que les subtilités demeurent sur la façon de les effectuer. Par exemple on ne choisira qu'à la résolution dans quel direction courir, quel voleur assommer, etc... On réagit donc aussi aux actions des adversaires, c'est en quelque sorte de la programmation light. Et puis il y a les actions gratuites qu'on rajoute à la résolution, comme passer le sac d'argent à l'autre voleur ou le jeter à la voiture qui attend dehors. Tout cela est très souple, sachant que personne ne tue personne (on est immobilisé un tour) et que les voleurs doivent simplement voler un certain nombre de sacs en 3 manches pour gagner.
Voilà donc un joli et malin petit jeu familial, agréable à sortir, drôle et simple mais pas simpliste. On se demande d'ailleurs pourquoi ce grand format carré classique a été choisi, sachant qu'un petit format aurait été plus adapté à cette iconographie très minimale et à la simplicité de ses règles.
A noter que le jeu se joue avec la base de sa boîte, ce qui comme souvent est du plus bel effet (souvenez-vous des très bons Niagara et Château Roquefort, qui d'ailleurs peuvent rappeler par certains points How to rob a bank...).