sympa et un peu trop gratifiant
Ce n'est pas un scoop, car le mot semble s'être largement passé pour les fêtes 2024: Monkey Palace est le premier "vrai" jeu de société qui utilise des pièces legos.
Tout comme la série des médiocres jeux legos de labyrinthes, il va sans doute être maintenant décliné sous de nombreuses variantes avec des pièces de plus en plus complexes et des thèmes variés. En effet, Monkey Palace ressemble avant tout à un moteur de jeu, un brillant prototype hélas encore un peu creu: il impose juste un mode de construction permettant immédiatement l'accès à des cartes donnant de nouvelles pièces (de manière immédiates et/ou récurrentes), ces cartes apportant également les points de victoire que l'on comptera à la fin (sous la forme de points bananes). Il y a-t-il un vrai jeu derrière ce vrai moteur? Hélas non, pas encore, mais ça peut venir!
Ces mécanismes en 3D ne rappellent pas vraiment les Kramer 3D comme Torres ou Pueblo (peut-être un peu plus Alcazar), ni même l'excellent et peu connu Casa Grande, car ici on fabrique uniquement des chemins les plus longs et hauts possibles: on ne place pas nos pions ni ne cherchons de décomptes gargantuesques sur des surfaces préparées minutieusement. On reste donc dans le pure tactique immédiate et l'observation de l'existant sous tous les angles, afin de placer nos pièces et d'en récolter de nouvelles. Ce qui est sympa, cela dit, c'est qu'on peut dépenser ses points comme on veut pour l'achat de cartes, c'est à dire qu'on regarde toutes les cartes de la couleur correspondante et on peut dispatcher ses points dans plusieurs cartes.
A partir de ce mouvement perpétuel très gratifiant (trop sans doute, car on a cette sensation "à la candy crush" de gagner tout le temps) on pourrait imaginer une grande variété de combinaisons en 3D bien prises de tête, mais ce ne sera pas pour cette fois: il n'y a que 3 pièces différentes! Alors tant mieux pour ceux qui veulent garder les idées claires et éviter la paralysie, ce jeu ultra astucieux préfère rester en sous régime pour ne pas provoquer de surcharge cognitive à nos bambins. En ce sens, il rappelle certains très bons jeux familiaux de la marque Zoch (Manila, Niagara, Chateau Roquefort, Gulo Gulo ou même Los Mampfos...) qui s'adressaient aux enfants tout en possédant des mécanismes loin d'être idiots.
En bridant ainsi son moteur tout en se montrant trop permissif, Monkey Palace rate le coche d'un vrai jeu Lego et laisse un goût de frustration, mais il augure aussi d'un véritable intérêt ludique de la marque qui donnera peut-être de bonnes choses dans le futur. D'ailleurs, franchement, sans utiliser ces agaçantes pièces bloquantes, il serait facile d'inventer une variante moins facile.