Of cool ?
Très belle couverture qui donne envie de partir parcourir les terres inconnues, ce qui sera plus ou moins le thème de ce jeu de placement/majorité totalement abstrait. A la façon d’un Carcassonne, on va tirer une tuile de sa réserve et, suivant son symbole (maison (settlement)/champ (food farm)/énergie (energy farm)) on va la placer sur une des cases correspondante de la carte du pays (Irlande ou Ecosse). Plusieurs axes de développement sont possibles : s’étendre en posant des symboles en adjacence, bâtir une cathédrale, des groupes de maisons, des châteaux que l’adversaire peut reprendre, se positionner sur des ports, etc… Ce qui gêne quand on découvre ce jeu, c’est le non choix des tuiles. Vous en tirez une et basta. La première partie du jeu est assez poussive, on prend un point, on veut bloquer l’autre mais on ne tire pas la tuile qui peut le faire etc…A partir du milieu de partie, ça s’agite, on perd des majorités (les lotissements de maisons), on se fait détruire des châteaux… jusqu’à épuisement de notre stock. Mais on comprend mieux que malgré le hasard de la pioche, il peut y avoir des choix en amont. Plutôt que d’essayer de faire une grande étendue, ne vaut-il mieux pas bloquer les cases autour de son château pour le protéger, ne pas se fatiguer à viser la majorité des lotissements mais la seconde place sur plusieurs endroits ?
Si vous êtes lassés de l’Ecosse, allez donc en Irlande, il suffit de retourner le plateau. La topographie est différente, les objectifs changent, les ports deviennent des champs off shore et on se sert de jetons bonus liés aux tours (round tower bonus) qu’on place face cachée sur les espaces correspondants…une variante qui élève le niveau en restant raisonnable.
Rebirth est plus subtil que la première partie ne peut le laisser croire. On sent l’expérience de l’auteur qui, une fois encore, maîtrise l’épure de son sujet. Le rythme du jeu est par contre lent à démarrer et ce non choix des tuiles est parfois pesant. On en écarte 2 en début de partie, n’auraient elles pas pu réapparaître à un moment ? Rebirth reste un jeu de pose abstrait efficace. Loin de jouer dans son coin pour bâtir son environnement, on est dans l’interaction perpétuelle et cela fait du bien dans un genre où l’on est trop souvent seul face à son tableau. Efficace donc, mais pour ma part, avec un parfum légèrement daté. J’adhère, mais sans être non plus enthousiaste. Je lui préfère Mille Fiori plus dynamique (du même auteur). (testé en vo, les termes employés peuvent changer)