La course infernale des moines matheux
Dans Le Bien et le Malt, on fait tourner à chaque manche nos pions sur un plateau central, acquiérant des tuiles pour remplir notre plateau personnel, ce qui donnera de l'or ou des avancées de points de victoire, selon la partie du territoire qui est remplie. Les PV, cela dit, sont obtenus en fin de partie de façon assez tarabiscotée: des marqueur de couleurs avancent sur la piste de score, ainsi qu'un maître brasseur qui servira de multiplicateur avec le marqueur le moins avancé. Mais ce n'est pas tout: la position du brasseur va aussi déterminer le prorata de recul du PREMIER marqueur qui permetra d'avancer le dernier - par exemple 3 reculs = 1 avancée.
"Et dans la catégorie DECOMPTES BIZARRES, le grand prix est attribué..." vous devinez à quel jeu!
Outre son scoring étrange, voilà un jeu de choix d'actions sur rondelle avec lequel il ne faut pas avoir d'attentes précises pour en apprécier les grandes qualités. Aucun thème, aucune création de moteur gratifiante, mais des chaînes d'actions calculatoires qui s'épuisent une fois résolues, vous obligeant à avancer constamment vers la fin de partie, comme une course infernale et très mathématique, un peu épuisante mais extrêmement intéractive et super bien réglée.
On a l'impression que rien n'est puissant, mais de temps en temps on voit un joueur décoller vers des scores olympiens, sans avoir bien compris comment il y est arrivé.
Ce n'est donc pas un jeu pour tout le monde, ni qu'on a envie de sortir tous les jours. Il y a quelque chose d'austère, et sévère dans Le Bien et le Malt, mais son ingéniosité laisse pantois. Point positif, les règles relativement simples débouchent sur un jeu quand même assez complexe et profond, et de ce fait la "méta" n'est vraiment pas facile à capter: même les joueurs les plus calcuateurs vont prendre un certain temps pouren trouver la recette du succès assuré... s'il en existe une!