Chadrighah? Chanriggrah? Chandilah? Bref, c'est bien!
Cities, jeu de création de ville de Phil Walker harding, avait été pour moi une terrible décéption: alléchant au premier regard, il s'était vite avéré répétitif et simplet. Je l'avais revendu après 4 ou 5 parties de plus en plus monotones.
Cet autre jeu -dont je suis techniquement incapable de me rappeller le nom- est une sorte d'antidote à Cities, c'est à dire un très bon jeu.
Bon, la comparaison n'est pas si évidente, car même si dans les deux cas il s'agit bien de réaliser des objectifs d'agencements en posant des bâtiments, les mécaniques sont loin d'être identiques. D'abord, dans ce Shangrivarhj, on construit tous la même ville au lieu de chacun la sienne. Mais ce qui m'incite quand même à les comparer, c'est que le second réussit là où le premier avait échoué. En effet, le trop-plein d'objectifs répétitifs et mécaniques de Cities se transforme ici en une mécanique astucieuse rythmée à la perfection. La partie la pire de Cities, qui rendait ses fins de parties si ennuyeuses et balourdes, se transforme en véritable nectar ludique dans Shrangtimanhc!
Les règles de Lhandrigahgdb sont d'ailleurs un modèle de simplicité et d'élégance, ce qui rachète largement son look austère, qu'on finira même par apprécier tellement le jeu est bon. Les cartes d'objectifs vous donnent des pas pour votre meeple, qui peut se déplacer et construire à chaque pas. En construisant, on ne place pas des bâtiments de sa couleur, mais on essaye de réaliser les fameux objectifs avec 4 couleurs disponibles pour tous les joueurs. Parfois, on débloque un pouvoir spécial -4 au maximum, mais avec une belle variabilité car il en existe plein.
On fait aussi attention à être celui qui place le dernier bâtiment d'un pâté de maison: il comptera pour un scoring final de majorités. Le noeud de la guerre est cependant l'autre coup possible dans un tour de Chlabdigrnak: tirer une nouvelle carte objectif. En effet, ceci va à la fois vous redonner de nouveaux objectifs d'agencement à réaliser, mais aussi de nouveaux bâtiments à placer, des pas en plus pour votre meeple, et même déclencher un scoring d'une autre carte objectif: celle située à l'opposé dans votre rangée de 3 cartes maximimum. Super bien vue ce scoring dynamique, Tony Lopez!
Ok, cette explication n'était sans doute pas bien claire, mais vous avez là l'idée maîtresse de Chradlighan: tous ces mécaniqiues se tiennent et se complètent comme un mouvement perpétuel très bien conçu, un peu comme une de ces horloges ludiques parfaites signées Rüdiger Dorn. La fin de partie est déclenchée par les joueurs (fin des bâtiments) ce qui est encore un gage de qualité à mes yeux.
Bref, voilà un jeu moche et imprononçable, mais qui réalise un tel sans-faute au niveau du gameplay que la plaisir de jeu est tout de même au rendez-vous, d'autant que la partie est bouclée en moins d'une heure et qu'on peut y jouer avec presque n'importe qui. Simplicité, profondeur, élégance... voilà un bon exemple de ces jeux géniaux qui passent totalement inaperçus de nos jours au milieu de l'affluence de sorties. Un titre retenable et un look un peu moins passe-partout auraient bien sûr aidé.