Comment perdre son temps ?
T.I.M.E. Stories
(En résumé, une boîte blanche contenant du matériel en carton et en bois, surtout « en bois » en fait...)
Vous aimez les histoires de voyage dans le temps.
Vous avez lu « Les seigneurs de la guerre », « La patrouille du temps », « La machine à explorer le temps », « Sans parler du chien » et « Les voies d'Anubis » et vous adorez les série TV « Continuum » et « Doctor Who » !
Vous êtes mon frère ou ma sœur geek qui sait ce qu'est un « chronoscaphe » ou un « chronogyre ».
Alors je vous le dis de suite, il n'y a aucune sorte de voyage dans le temps dans T.I.M.E. Stories, à moins que perdre son temps en y jouant ne soit une façon de voyager dans le temps.
Les joueurs posent un pion en bois sur une carte; l'ensemble des cartes juxtaposées représentant une scénette. Puis chaque joueur lit le dos de la carte sur laquelle il a posé son pion. Il en résulte souvent l'obtention d'une autre carte représentant un objet, un indice ou une révélation (de lieu par exemple), parfois un pion en carton qui servira plus tard a identifier la carte idoine, parmi plusieurs possibles, et trop souvent la nécessité de jeter des dés en bois pour affronter une situation.
Puis on assemble des cartes formant une autre scénette et on recommence.
Un compte à rebours de vos actions et de vos déplacements imaginaires (on utilise un autre dé en bois pour connaître le coût d'un déplacement) peut prendre fin avant que vous n'ayez résolu l'affaire. Il vous faudra alors recommencer depuis le début, ou presque, car de petits aménagements de la règle permettent de conserver certaines informations.
Le scénario inclus dans la boîte n'a ni queue ni tête et semble avoir été réalisé par un apprenti rôliste ayant survolé donjons et dragons et l'appel de Cthulhu. On s'ennuie à suivre cette histoire mettant maladroitement en scène des poncifs fantastiques naïfs et dont les énigmes à deux balles sont cousues de fils blancs.
Est il nécessaire d'ajouter que les textes d'ambiance font pitié ?
Le mécanisme du jeu est d'une grand pauvreté rappelant les plus mauvais « porte, monstre trésor ». La répétition des jets de dé, les capacités rudimentaires des personnages, et l'absence de véritable liberté de choix installent rapidement une morosité que subiront jusqu'au bout les malheureux joueurs s'étant égarés dans cette boîte blanche.
Pour voyager dans le temps, chacun sait pourtant qu'il faut entrer dans une boîte bleue !
P.S. Vous pouvez retrouver cet avis et quelques autres sur la Face de bouc du broyeur (Le broyeur de jeux)