Les nouveaux découvreurs
Des créations ludiques de Klaus Teuber, que retiendrons-nous ? Evidemment, il a d'abord la boite avec en couverture un gros soleil se couchant sur un petit village aux toits couverts de chaumes. Les colons de Catane (dont le nom s'est réduit à "Catane"... et je préfère pas dire ce que j'en pense) a vraiment fait connaître les jeux allemands un peu partout dans le monde. La licence a été déclinée sous des formes variées et parfois assez surprenantes ; Ainsi, Catane a vu ses colons partir dans l'espace, mais aussi assister à la chute de Rome et de Troie, participer à la construction de pyramide, rencontrer le Capitaine Kirk ou John Snow, faire un tour à la préhistoire et je passe sur les extensions diverses.
Mais après ? Et bien Klaus Teuber n'est pas un auteur que l'on peut limiter à une histoire de colonisation catanienne tout azimut, quoiqu'il s'agit là d'un thème qu'il a beaucoup exploité. Et d'ailleurs, Nouveaux Mondes, "Die Endeker" dans une première édition, puis "Die Neuen Endecker" (les nouveaux découvreurs) ensuite avec un mécanisme supplémentaire, c'est encore une histoire d'explorateurs qui s'imposent sur des îles nouvellement découvertes au temps des caravelles. Mais ici, pas de lancés de dés pour récolter du blés, du bois ou des moutons. On peut installer une colonie, des comptoirs de commerce et laisser quelques éclaireurs occuper le terrain, mais on ne développe pas un village en ville, on ne construit pas de route, il n'y a pas de voleur casse-pied et la partie ne se joue pas en 10 points. "Pas de voleur ? Super!"... oui, enfin vous emballez pas, il y a quand même des pirates et des tempêtes.
Edité par Kosmos en 2001 j'avais fait l'acquisition de la VF de Tilsit peu de temps après sa sortie en 2003, me fiant au nom de l'auteur dont je connaissais aussi le redoutable Löwenherz (qui sera traduit également par Tilsit mais avec des règles différentes) dont je parlerai une autre fois.
Nouveaux Mondes, c'est techniquement un jeu où l'on pose sur un plateau des tuiles et des pions avec une visée majoritaire pour ces derniers. Les tuiles représentent les routes maritimes que va suivre le navire et des morceaux d'îles qu'il faudra compléter au fur et à mesure des expéditions. L'idée est de former plusieurs îles complètes et d'en prendre le contrôle pour marquer plein de points. Un seul navire pour tout le monde, mais ce n'est pas un jeu coopératif : un joueur peut potentiellement bénéficier des découvertes réalisées par un autre et en tirer partie. Il y a aussi un aspect exploration des terres (uniquement dans la seconde édition) qui amène les joueurs à entrer dans la jungle pour chercher des points de gloire supplémentaires sous des huttes. L'aspect gestion est ici assez limité, car si l'Or est indispensable pour réaliser des actions, l'auteur a opté pour un système simple et original, qui permet aux joueurs de rester concentrer sur l'aspect exploration/majorité. A votre tour, il faudra choisir une route sure mais onéreuse, ou bien tenter l'aventure à peu de frais mais avec des risques d'échecs. Les parties sont variées en raison des mises en place proposées où que l'on peut imaginer. Les règles proposent aussi une petite variante sympa appelée L'éclaireur en chef.
Je passe sur d'autres aspects, mais retenez surtout que le jeu propose des règles simples, un matériel agréable avec un plateau assez élégant ; J'ai perdu l'unique bateau caravelle, mais je l'ai remplacé par des navires de Pirates of the spanish main, chaque joueur pouvant choisir le sien. A noter également la présence d'un petit livret d'initiation, en dehors des règles, qui sert de tutorial pour apprendre le jeu en présentant un début de partie... j'ai revu cela dans un jeu du même auteur, Objectif Catane (pour deux joueurs avec pour thème un voyage galactique)
Il y a une part de hasard évidemment en raison de certaines prises de risque, mais aussi des coups tactiques à trouver, des astuces qui permettent d'optimiser au bon moment. Aujourd'hui, il est certain que c'est le type de jeu à hérisser le poil de ceux qui ne jurent que par l'optimisation. Pour moi, il serait presque un jeu test afin de mesurer la tolérance à l'aléa de mes partenaires de jeu. En tout cas, je me suis amusé à chaque partie de Nouveaux mondes avec dans l'oreille les musiques de Anno 1503.
Le jeu a un petit peu vieilli, ce n'est peut-être pas un chef-d'oeuvre de l'école ludique allemande, mais je ne boude pas mon plaisir à ressortir de temps à autres ce plateau finement illustré, toutes ses tuiles colorées... et en avant la caravelle !