Une certaine idée des îles
Avec ce Bora Bora M. Feld nous refait un peu le coup de son Châteaux de Bourgogne, c'est à dire un jeu où les actions sont faites à partir d'un tirage de dés. Avec ce tirage, il faudra définir au mieux ses priorités qui vont aussi être en fonction des possibilités des autres joueurs. En clair, on a ici affaire à un jeu d'optimisation et de tempo; les bonnes actions au bon moment. L'ordre du tour est très influant dans la résolution des actions, et le moyen de se placer dans le tour à venir s'inscrit aussi dans cette logique de tempo.
Là où je le trouve plus abouti que les Châteaux de Bourgogne est que par les biais des cartes "Dieux", il est possible d'améliorer son action ou de corriger le tirage des dès et donc de ne pas se retrouver dans une position bloquée. Ces cartes ont aussi un coût; il faut donc les utiliser à bon escient.
Là où il est plus riche que les Châteaux de Bourgogne est qu'en plus des actions par les dés, il est possible d'en faire d'autres bar le biais des habitants des îles. D'une façon plus large, Bora Bora offre de multiplies possibilités par le biais de nombreux mécanismes et ressources. Tout ça s'emboîte de manière harmonieuse pour en faire un modèle du genre.
A la découverte des règles et de son plateau individuel, on peut être effrayé par la profusion des éléments à gérer. Le premier tour se passera souvent dans le flou et quelques points de règles seront sûrement à redéfinir en cours de partie. Mais je suis persuadé que les amateurs de jeux d'optimisation seront rapidement conquis et pour longtemps.
Dans ce type de jeux, la prégnance du thème est secondaire. Pour ma part, je n'ai pas été choqué par l'adéquation mécanismes/théme. Je suis même rentré dans l'histoire, comme on dit.