La ruée vers l'or en carton...
J'exècre au plus haut point les jeux où la chance vient vous rappeler à chaque tour que vous n'avez pas de chance. Des jeux qui réussissent à vous mettre dans des états de frustration insoutenable.
J'ai récemment remisé au fin fond du placard "Carcassonne Mayflower" et "Livingstone" pour ces raisons.
A la lecture des règles, "Oregon" semble faire partie de cette catégorie de jeux.
On y tire, à chaque tour, des cartes qui définissent aléatoirement le placement de pions et le type de bâtiments à construire. On y pioche tout aussi aléatoirement des bonus dont la valeur varie du simple au quintuple.
Tout cela laisse entrevoir un jeu qui ressemblerait à une grande loterie directive et chaotique.
Et pourtant...
Force est de constater, après quelques parties à 2 joueurs, que la mécanique est beaucoup plus contrôlable que prévu, et que jamais l'influence du hasard ne se fait explicitement sentir.
Les quatre cartes en main permettent en effet un large choix de placement et évite les situations de blocage et de tour "à blanc"...
Mais ce qui fait la réelle richesse du jeu tient dans deux petites tuiles cartonnées: les tuiles "Jocker" et "Rejouer". Correctement combinées, elles permettent de rafler un nombre de points impressionnant. Et plus la partie avance et plus la rafle peut être grandiose. Quand en plus, on utilise des tuiles posées par l'adversaire pour gagner encore plus de points, on est à la limite du jouissif...
"Oregon" est un petit jeu par sa durée, par sa richesse thématique et mécanique, et par la masse de cerveau disponible qu'on lui alloue, mais dans sa catégorie, il fonctionne à merveille et s'avère être un formidable compromis pour réunir à la même table, joueurs occasionnels et gros joueurs.