Gestion de cubes thématisé
En découvrant Myrmes, je m’attendais à un jeu de gestion offrant mille possibilités de points de victoires et d’actions. Finalement, j’ai eu l’impression que tous mes choix étaient automatiques et téléguidés. Voilà, ça c’est pour la version rapide.
Myrmes prend le contre-pied de Gyngkoplys, l’autre jeu francophone qui a buzzé fin d’année 2012, dans le sens où si G se fout de la thématique pour nous offrir une mécanique originale offrant de nouvelles sensations de jeu, Myrmes opère un relooking total de ce qui n ‘est qu’un énième jeu de gestion de cubes style construction de cathédrales. Qu’on ne s’y trompe pas, à Myrmes il va falloir opérer des comptes d’apothicaire avec ses petits cubes.
Alors Myrmes n’est-il que de la poudre aux yeux ?
Pas totalement, il y a quand même la bonne idée du territoire commun pour la pose des phéromones et donc la collecte de petits cubes qui permet un peu d’interaction.
Par contre je suis plus dubitatif sur le fait qu’augmenter le nombre de ses nourrices (et donc son nombre d’actions) n’oblige pas les joueurs à s’approvisionner de plus de nourritures comme pour les autres jeux de ce type. Du coup, le démarrage est quasi similaire pour tout le monde : on augmente le nombre de ses nourrices et on creuse. Ensuite, on convertira tout ça en points de victoire au moment opportun. Myrmes est donc surtout un jeu de timing plutôt que de choix, c’est celui qui basculera au meilleur moment entre le développement de ces points d’action vers ses points de victoire qui gagnera la partie.
Le dé des saisons offrira un heureuse variation (la seule ?) entre les parties, le fait qu’on puisse le modifier en sacrifiant ses larves est également une très bonne idée, de par les choix qu’il génère.
Ces quelques bonnes idées sont-elles suffisantes pour en faire un des jeux de l’année ? L’avenir et le nombre de parties jouées en décideront, ce qui est sûr c’est que ce classicisme sécurisant en a séduit plus d’un.
Edit Après avoir rejoué à Myrmes, je baisse ma note. En effet, toutes mes tentatives pour m’éloigner de la ligne directrice que le jeu semble imposer se sont révélées infructueuses.
Pour gagner il faut donc à la lettre appliquer le même schéma de partie en partie, en l’adaptant de ci, de là, au gré du dé des saisons. Et comme l’interaction est insignifiante, ce n’est pas là non plus que l’on trouvera du renouvellement. C’est évidemment trop peu pour faire de Myrmes un incontournable sur le long terme. J’ai d’ailleurs l’impression que le soufflé est bien vite retombé et que les joueurs se tourneront plus volontiers vers d’autres jeux de gestion faisant plus appel à leur créativité.