Un excellent jeu, à condition d'être prêt à coopérer.
Fan de Boelinger et grand amateur de jeux de gestion, je me suis jeté presque les yeux fermés sur Archipelago, auquel je prends grand plaisir à jouer régulièrement.
Comme dans le dernier chef-d'oeuvre de Boelinger, Earth Reborn, le jeu est riche et complet et regorge d'excellentes idées. La part de bluff sur les objectifs et l'incertitude de la fin de la partie sont deux excellentes idées, qui donnent un sel indéniable aux parties et à leur durée. Les possibilités offertes par les différents bâtiments, même si difficiles à cerner lors de la première partie, sont des enjeux tactiques très intéressants.
Et en plus, le matériel est magnifique, mais j'en attendais pas moins du monsieur.
Quant à l'aspect "coopération", avec les révoltés à gérer, ça peut changer totalement une partie et une stratégie, et donne au jeu une profondeur diplomatique qui ne l'alourdit pas mais l'enrichit.
Pourquoi 4 et non 5 alors ?
Déjà parce que je ne parviens à accrocher au mécanisme des crises rouges qui interviennent comme un cheveu sur la soupe et qui me font sortir de ma fin de tour. Mais c'est un détail purement mécanique.
Mais aussi parce que tout le monde n'aimera pas ce jeu à cause de son aspect coopératif. Quand on est dernier joueur et qu'on doit sauver l'archipel lors d'une crise en sacrifiant ses ressources ou jetons alors que personne n'a voulu le faire avant, on se sent un peu le dindon de la farce, il faut l'avouer.
Tous les joueurs n'aimeront pas cet aspect, il y a d'ailleurs un ou deux joueurs de mon cercle de joueurs à qui je ne fais pas essayer ce jeu justement à cause de cela : négocier et coopérer dans un jeu de gestion n'est pas intuitif, et demande un certain investissement que tous ne feront pas. Moi j'adore, mais je préfère prévenir les potentiels futurs acquéreurs de ce jeu.