Une bataille moins bébète que prévu!
Voilà un petit jeu de cartes qui a été édité de nombreuses fois et se trouve facilement d'occasion pour moins de 5 euros. Il est un peu bête, c'est de la baston basique, mais possède 2 ou 3 petits twists sympas.
Eh oui, c'est surprenant pour un jeu allemand mais on n'arrête pas de se bastonner dans Korsar! Il s'agit ni plus ni moins qu'une sorte de bataille ++, et d'ailleurs il vaut mieux y jouerau à plus de 3, sinon on a vraiment l'impression de faire une bataille avec des mises.
La mécanique est simple et efficace: on tire 6 cartes, parmi lesquelles peuvent se trouver des galions (des points) des bateaux corsaires (de la force) ou des capitaines (super corsaires qui gagnent toutes les batailles à moins d'être délogés par d'autres capitaines). Les corsaire existent en plusieurs couleurs, et sur un combat donné un joueur doit toujours rester sur la même couleur, les autres ne pouvant pas l'utiliser. Vous pouvez donc très bien être bleu sur un combat et rouge sur un autre. Il existe également une carte amiral, qui ne sert que pour la défense mais l'énorme avantage de ne pas avoir de couleur (il peut donc être joué après avoir déjà posé une autre couleur).
Quand on pose un galion, l'idée est de lui faire accomplir un voyage. Quand arrive le tour d'un joueur, on regarde s'il est majoritaire en corsaires sur un galion et dans ce cas il le remporte. l'autre façon de gagner un galion est tout simplement de ne pas avoir été attaqué pendant un tour, les joueurs étant sans doute trop occupés à d'autres actions.
Le twist intelligent, qui fait passer Korsair dans la catégorie des assez bons jeux, c'est que les corsaires et capitaines peuvent aussi bien être utilisés en attaque qu'en défense (l'orientation de la carte pointant vers son propriétaire). A partir de là, le jeu gagne son petit lot de dilemnes intéressants (pas non plus oufs). Cela consiste généralement à se préparer des mains (on peut piocher à la place de poser une carte) puis par exemple à bluffer en jouant petit pour ensuite terminer par des mastodontes, voire des capitaines, ceci jusqu'à ce que les autres comprennent notre manège et donc inverser la vapeur, mais ca dans la piscine aussi savoir poser un galion discret au moment où un plus gros va attirer les corsaires... tout en sachant que si on a déjà beaucoup gagné de galions on va immanquablement se faire attaquer d'avantage!
Loin de casser 3 pattes à un canard (il ne manquerait plus que ça... pauvre bête) le jeu fait le job et occupe une niche intéressante, dans toute ludothèque qui a quand même besoin d'un peu de confrontation de temps en temps, en particulier pour les enfants. On l'imagine typiquement en vacances avec des non joueurs. Son côté jouissif un peu idiot (mais pas trop) va le faire revenir sur la table plus souvent que vous ne vous l'imaginiez.
PS: j'ai eu l'occasion d'adapter Korsar à un jeu de poker normal, avec juste quelques différences de points et de force. Les as sont les 4 capitaines, un joker l'amiral, les nombres de 2 à 10 les galions et les figures les corsaires. On peut décréter comme règle maison que les couleurs des galions (nombres) peuvent trancher une égalité de corsaires (valets, dames, rois).