Le jeu d'enchère le plus sympathique de Knizia
Parmi les nombreux jeux d'enchères créés par Knizia, Art Moderne occupe un statut à part: il ne s'agit pas que d'enchères mais surtout d'influencer les cours des bien acquis (en l’occurrence des peintures). C'est avant tout un jeu de collection/majorités, mais des majorités impersonnelles: elles concernent les peintres et non les joueurs. Ces majorités mouvantes (influençables par les joueurs) rappellent un peu celles de Carolus Magnus, et elles nécessitent de changer souvent de fusil d'épaule.
Il a donc un côté moins austère et encore plus interactif que Medici ou Ra, qui sont de vrais chefs-d’œuvre de la pure enchère, mais sont peut-être moins subtils, plus froids et moins thématiques qu'Art Moderne. Les parties de ce dernier sont plus enjouées, plus familiales pourrait-on dire.
Le jeu repose toujours un peu sur les mêmes mécanismes répétés, mais quelque chose y fonctionne exceptionnellement bien: il donne réellement envie de gagner, nous mettant ainsi dans la peau d'un marchand d'art sans vergogne. Peut-être est-ce parce que malgré son interaction très forte, il ne met pas les joueurs directement en confrontation, et que d''une certaine manière on lutte surtout contre "le marché de l'art", mais en tous cas on prend un plaisir fou à mettre au point des stratagèmes derrière son paravent.
Cette édition Oink Games est très belle et a l'avantage de nous montrer de vraies peintures (dommage qu'il n'y ait pas les titres). Après, j'aimais bien les faux artistes de la version originale (en tous cas la version Matagot) qui donnaient un aspect comique à l'ensemble.