La « Clef » du succès
Magicarta est un jeu narratif avec des énigmes qui suit le périple de …(à vous de trouver, énigme 1) dans le monde des morts, car l’héroïne est un fantôme. La boite pèse un âne (mort). Le poids des merveilles qu’on va révéler peu à peu. On y trouve des plateaux bifaces magnifiquement illustrés/peints et des paquets de cartes (plus de 200) divisées en 9 chapitres majoritairement axé sur le personnage qui s’exprime. Que se passe-t-il, que nous dit-il ? Il y a pas mal de lecture. La narration, légère, mais jamais simplette ou pauvre, donne le ton et crée l’ambiance. Une ambiance de conte de fée moderne. Pour s’aventurer dans ce monde particulier, il suffit donc de lire les cartes, d’observer, de retourner les plateaux décors (en plus ils s’assemblent pour créer un panorama unique (prévoyez une grande table, la totale avoisine les 90x60) et de résoudre des énigmes (pas toujours évidentes. Il faut de bons yeux et ne pas forcément s’en tenir à ce que les indices peuvent donner (difficile d’en dire plus sans divulgâcher mais ce n’est pas toujours clair, même avec la solution à disposition sur le site du jeu. Ne pas trouver ne bloque en rien l’avancée de l’histoire).
L’héroïne a rapidement accès à des Artefacts qui éclairent sur le type d’énigme et leur fonctionnement (suite logique, anagramme, où est Charlie…). On place également des cartes qui se superposent au décor et en modifie la nature. La résolution des énigmes est originale. Chaque carte texte lue est mise de côté. On la retourne, son dos fait apparaître une colonne de lettres, à nous de former un mot avec ces cartes et de vérifier si on est bon. Il faut observer les dessins, revenir sur des plateaux précédents, assembler les lettres afin de trouver la solution. On sent le travail soigné, minutieux derrière l’œuvre pour donner de la teneur à ces personnages, chacun avec leur personnalité et un parlé parfois cash qui ne caresse pas forcément dans le sens du poil, ce qui amplifie la saveur des rencontres. L’aventure à son terme, un jeu bonus vous permet de repartir et d’utiliser d’une façon différente les artefacts et les cartes de décor.
Magicarta est magique de par l’ambiance qu’il crée, les multiples énigmes, personnages et le ton du récit qu’il emploie. Il est à partir de 10 ans et reste enfantin dans l’ambiance, mignon de par son visuel mais également très dirigiste, il n’y a pas de choix proposé, on n’a pas de décision du type « prendre à gauche ou à droite » (Si on se pose la question de le comparer à Eila, il est beaucoup plus linéaire et refaire le parcours n’amène aucun changement). On lit, on se place, on résout l’énigme. Il faudra surtout être patient, beaucoup de questions renvoient à la re-re-relecture des plateaux, à la recherche de détails cachés. Au-delà du jeu d’énigmes, c’est l’immersion dans le monde crée par Fanélia qui est une réussite, prenant le joueur par la main durant ces chapitres. L’aventure terminée, on quitte à regret ses habitants et son héroïne.