L'obscurité est dans les règles...
Tout d'abord le jeu n'est pas beau, loin de là, et frôle le scandaleux.
Je vais être clair et tout d'abord tirer un coup de chapeau à Stephan Kot qui est le seul à avoir fait un travail remarquable.
Les illustrations sont en effet magnifiques et d'une exemplaire finesse mais le jeu n'est pas pour autant beau.
On a une belle boite remplie d'un vide de thermoformage ahurissant : un gros plateau et des p'tits bouts de carteau d'un "cheap" qui fait peine à voir.
Le tout n'a aucune ergonomie, ou très peu. Lecture des cartes difficile, cases petites et parfois de la taille d'une punaise, ville trop grande gorgée de rues inutiles (ces rues existent peut être mais il faut faire la part des choses dans un jeu et virer le superflu)... et j'en passe.
Non, le jeu n'est pas beau, pas ergonomique, mal étudié... mais que les illustrations sont belles !
Passons au jeu.
La règle du jeu est une catastrophe d'illisibilité comme écris au fil de la plume, sans plan, bourré de notes diverses. Il faut s'y reprendre à 3 ou 4 fois pour être sûre de ne rien oublier. Le jeu est simple mais bourré de détails éparpillés, survolés, flous et on se pose parfois des questions sans trouver réponse.
Tirage de dé pour le déplacement. Un système ridicul et préhistorique qui n'a aucun lien avec la réalité d'un mouvement. Les gens marchent, point à la ligne et ne se mette pas brutalement à ramper à cause d'un 1 tiré au dé !
Cartes actions : la plupart sont très mal étudiées et ne font que ralentir le jeu. Par exemple : on a aucun plaisir à bloquer par un "couvre feu" un joueur tant il est plus interessant de le voir agir pour tenter de déceler son identité. A retirer du jeu !
Bon nombre de cartes deviennent rapidement caduques par divers bugs évenementiels qui les rendent soient inutilisables ou sans intérêt. Voler l'argent d'un autre est par exemple débile tant il est facile de s'en procurer tout au long du jeu : les liasses passent de main en main sans que cela ne gène la partie. De plus on peut voler un personnage qui est à l'autre bout du plateau alors qu'il faut être à côté pour l'interroger (télékinésie ?).
En fait on en pioche des tonnes qu'on jette de suite comme la pluie et le brouillard (moi, sous la pluie, je me met justement à courir plutôt que ralentir !). Depuis quand un personnage gère t-il la météo ? Dans X-Men je veux bien mais là ça n'a pas de sens et cela freine le jeu pour tout le monde... poubelle ! (un évenement "pluie" semblait plus logique plutôt qu'une "action").
Les armes : on passe son temps à en chopper pour les perdre, les reprendre, les jeter et elle ne serviront qu'en phase de poursuite... alors...
Au final on a tout de même passé un bon moment mais cela ne vient en aucun cas du travail de D. Maric mais des joueurs qui n'ont cessé de faire les andouilles. Je me suis marré, grâce à eux. Ce jeu ne se suffit pas à lui même tant sa mécanique simpliste est ennuyeuse.
En gros n'y jouez qu'avec des extravertis qui s'en serviraient que comme support imaginatif. Là, ça fonctionne.
Nous avons aussi réussi à jouer grâce aux variantes. C'est très frustrant.
J'achète un jeu et me rend compte qu'il faille de suite adopter des variantes extèrieurs, variantes qui ont fusé dés la sortie du jeu.
Ce jeu n'est jouable qu'en adéquat compagnie et en usant des variantes créés par des joueurs (!!!!)
Outre son travail de recherche, l'auteur n'a pas su créer un jeu, mais un kit de jeu qu'il faudra assembler au mieux pour que cela tourne. Une sorte de fourre-tout sous-testé (c'est indéniable) rapidement balancé dans une grosse boite à 60% vide mais remarquablement illustrée.
Je met donc 3/5 :
0 pour D. Maric pour son travail d'auteur de jeu qui me laisse encore pantois.
2 pour le pour S. Kot à qui je tire encore mon chapeau (et j'espère revoir son travail)
0 pour Nekocorp qui a donné son aval en éditant un jeu inachevé, au matériel maigre et sans ergonomie.
et 1 pour les joueurs qui ont offert les variantes rendant le jeu jouable.
London 1888 n'est pas un jeu, mais une boite. Le jeu se trouve sur le net, ici même, prêt à imprimer.