Après Vinci il y a eu Smallworld
Avant Smallworld il y avait Vinci et, pour ma part, c'est probablement le jeu auquel j'ai le plus joué : un jeu de civilisation malin qui impose au joueur de s'adapter sans cesse pour tirer au mieux profit des caractéristiques de sa civilisation et, celle-ci ne pouvant que s'affaiblir au court du temps, de gérer l'étape délicate de sa chute. Il faudra ainsi trouver le meilleur compromis entre l'efficacité guerrière, la capacité à générer des points de victoire et enfin la faculté à composer avec les autres civilisations en jeu. Enfin il faut savoir faire preuve d'un minimum de diplomatie - et de mauvaise foi - pour ne pas (trop) se faire tomber sur le râble quand la victoire semble à portée de main. En effet les scores sont connus de tous et le premier joueur à atteindre ou dépasser 100 points de victoire déclenche la fin de partie à l'issue du tour de jeu en cours. Il faut donc savoir avancer masqué ou aimer se trimballer avec une cible sur le front. C'est peut-être le seul défaut du jeu, contrepartie inévitable d'une fin de partie tendue, c'est qu'il est difficile sinon impossible de faire la course en tête ET de gagner.
Smallworld est une version très proche mais un rien plus grand public de Smallword : thème plus accrocheur, jeu autrement plus beau, lissage et simplification de certaines mécaniques de jeu, limitation des combinaisons possibles pour les civilisations (pour un résultat en principe plus équilibré), et points de victoire secrets (la partie se terminant après un nombre déterminé de tours). Les parties sont d'autant plus fun mais manquent de la tension et de la finesse du grand frère. Mais dans les deux cas il s'agit de deux très bon jeux. A noter que les extensions de peuples pour Smallworld ajoutent de la variété mais déséquilibrent sensiblement le jeu. Et son équilibrage fait qu'il est plus difficile de lutter contre les aberrations que dans Vinci.