Un Story-game très ouvert !
Et c'est d'ailleurs son principal défaut également. Pour la Reine a tout du JDR sans en reprendre le poids des règles ou la rigueur d'un univers prédéfini, pour le meilleur comme pour le pire. C'est léger, c'est fun, c'est un jeu propice à la détente avant tout. C'est un joyeux bac-à-sable qu'on a rapidement envie d'agrémenter de quelques précisions et règles supplémentaires personnelles. Bonne nouvelle, on peut. Je dirais même quelque part, ça a l'air fait pour ça.
Imaginez un "Il était une fois" mais sans les cartes pour contraindre les joueurs. Ou un Baron Münchausen avec au lieu de luttes verbales des interactions coopératives. Comme dans Fiasco, l'univers, les relations entre les personnages, les enjeux, tout ça c'est aux joueurs de les créer au fur et à mesure de la partie. C'est l'unique but du jeu. Un tel degré de liberté est enivrant dès qu'on a le goût des belles histoires et des rebondissements, quand on y joue avec un groupe d'amis proches les références et inside-jokes pleuvent forcément, mais il peut aussi très vite être intimidant pour un joueur qui ne rentre pas dans le même délire que les autres ou ne se sent pas autant impliqué dans la narration. Pour cette raison, plus il y a de joueurs et plus le jeu va devenir chaotique (négativement), chacun cherchant à tâtons sa place dans le groupe et dans l'histoire.
Conseil personnel : prenez le temps de bien discuter collectivement à la base de quelle reine choisir et surtout pourquoi, dans quel contexte historique, magique, etc... Cette première discussion pose en général des bases saines pour éviter toute mésentente et aidera les joueurs à exprimer leur curiosité plus facilement par la suite pendant le tour des autres.
C'est le genre de jeu que je ne sortirai pas avec n'importe qui mais qui fera sans aucun doute le bonheur de ceux à qui j'oserai le présenter. A signaler aussi, les nombreux hacks et détournements du jeu disponibles en ligne qui le renouvellent en changeant notamment de base/contexte.
Petit bonus : contrairement à ce qu'annonce l'éditeur, il me semble assez facile d'y jouer avec des enfants dès que les adultes orientent un peu le cadre et encouragent/étoffent les réponses avec bienveillance.