Une sacrée bande d’icônes
Daltonien, tu vas peut être te décourager. En fonction de la couleur de fond d’une des nombreuses icônes du jeu, le sens est très différent. Entre gagner 3 pièces et avoir un revenu de 3 pièces supplémentaires par manches, la seule différence est la couleur de fond qui sera probablement indiscernable pour toi. Il faut faire attention au petit « roulé » en bas à gauche du parchemin pour faire la différence, mais je ne suis même pas certain que cela soit valable partout.
Les icônes sur fond bleu, ça va, mais les verts, rouges beiges sont indiscernables sur les cartes pour un daltonien. Quitte à faire plus de cents icônes, deux de plus n’auraient pas augmenté le budget « graphisme » de façon délirante.
Le jeu est un Pfister pur jus. A chaque jeu il augmente le nombre de micro mécanismes et là ben... c’est le dernier sorti à l’heure où j’ecris ces lignes.
Le thème est relativement absent. Difficile de se projeter dans l’univers des Caraïbes du XVII iéme avec un tel montage de mécaniques assez artificielles.
Certes vous améliorez votre navire, mais on ne parle ni de voiles, ni de canons, ni de coque, ni d’équipages, mais juste d’actions en plus et de bonus.
La règle est écrite de façon lourdingues, avec des remarques un poil absurdes (« au lieu d’empiler les deux pions, vous pouvez les mettre côte à côte... » j’y aurais pas pensé !). Il faut passer son temps à feuilleter le manuel de 24 pages pour retrouver une explication sur une icônes parce qu’elle ne sont pas centralisées sur une aide de jeu, la liste de fin de Manuel ne les contient pas toutes, et il y en a plus de 100 des symboles ! Sans compter l’automa.
Je conseille de regarder cette vidéo avant de se lancer dans une première partie :
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Elle est courte, claire, sans plaisanterie lourdingue, elle va droit au but, avec des présentateurs qui parlent en phrase construites et sans ambiguïté. C’est un modèle du genre.
Mécaniquement, il n’y a pas de trouvaille géniale. Si c’était un plat, cela serait un mezze libanais. C’est donc une accumulation de micro mécanismes qui partent un peu dans tout les sens mais qui permettent un équilibre réussi et très prenant.
Il faut bien sûr aimer ce type de jeu très allemand, allemand à l’extrême.
L’interaction entre les joueurs est assez faible. On peut, parfois, aller parasiter ses concurrent sur les pistes d’influences, sauter une case ou l’adversaire est présent sur la piste d’exploration, accélérer la fin de manche pour gêner, mais je n’ai trouvé aucune action directe vers un adversaire, juste un effet qui permet de piquer de rares points de victoires.
Certains se plaignent d’un choix de traduction. On a en français espion, là ou en anglais on trouve assistant. Pour un jeu aussi abstrait, je trouve quand même plus dans le thème d’avoir des espions (ou des informateurs) pour un capitaine de navire plus ou moins pirate dans les Caraïbes du XVII ieme que des « assistants » qui attendent au port avec leur iPhone probablement...
Bref, ce jeu est plus le résultat d’un long travail d’équilibrage laborieux et de mise au point de mécaniques artificiellement assemblées que celui d’une idée géniale mise en œuvre avec finesse et légèreté. Pourtant, on s’y amuse, c’est prenant et, dans le genre, réussi.
Dommage les fonds vert rouge beige...
Edit : J'oubliais ! Je n'ai pas de site ou vous envoyer voir de la pub pour me faire des sous en parasitant tric trac, mais vous pouvez toujours aller là, ça leur fera plaisir !