J'Elysium en face des trous
Je n'en attendais rien. Lorsque j'ai vu annoncée la sortie d'Elysium, je n'y pas même jeté un oeil : jeu de cartes, Antiquité grecque !? Bof bof bof, pas pour moi.
Et puis quelqu'un m'a proposé un échange : Deus contre Elysium. J'ai accepté, sans trop savoir pourquoi d'ailleurs (purée, c'est grave docteur ?). Un choix que ma foi je ne regrette nullement.
Que l'on se rassure, je ne vais pas me lancer dans un énième résumé des règles, Elysium est un beau jeu : belle boite, bien pensée exception faite de quelques casiers de rangement un peu profonds pour les doigts. Faut mettre les pions dans des sachets, t'as pas le choix. Matos efficace, ergonomique, facile à mettre en place, sans superflu, et surtout très jolies cartes, conçues par différents illustrateurs, tous aussi talentueux les uns que les autres. Non seulement elles racontent des histoires, mais elles sont solides, avec un bel aspect fibré. Déjà, ça fait un peu plaisir.
Les règles, simples, courtes, presque agréables à lire, ne comportent aucune zone d'ombre. Ce que le livret nous fait entrevoir comme profondeur stratégique n'est rien en comparaison de la réalité d'une partie. Il faut en effet combiner des facteurs de victoire entre eux afin d'optimiser son jeu. Il est par conséquent nécessaire de garder constamment un oeil sur le jeu des adversaires afin de deviner vers quelles cartes vont se porter leurs choix. Dans le même temps, il faut surveiller leurs colonnes, observer lesquelles vont être utilisées pour l'action en cours, bien sûr cogiter à l'usage des siennes propres. Les cartes, quant à elles, permettent en principe, si on se démerde bien et qu'un adversaire ne vient pas vous coller un bon gros coup de pute des familles dans les dents, de compléter des séries, de deux manières possibles : en jouant le chiffre de la cartes (1, 2 et 3), ou sa couleur. Les cartes peuvent également permettre de réaliser au passage des combos de la mort.
Bref ! Ca tourne bien, très bien, excellemment bien. C'est assez light niveau règles et très vite assimilé. il n'y a pas cinquante trois détails et exceptions. Malgré une thématique quasi inexistante (écrire des légendes, ha ha ha !), on est dans la partie à fond de train. On frise en permanence l'accident de neurone. Pour autant, ce n'est pas long. Il est parfaitement envisageable de plier une partie en un peu plus d'une heure, ce qu'indique la boite de jeu. S'il comporte une part non négligeable de hasard, celui-ci fait entièrement partie de la dynamique du jeu. On ne s'y ennuie pas, on peut placer des combos jouissives à souhait, pourrir les autres, avoir le bonheur immense de piocher LA carte si longtemps recherchée. Alors c'est sur, tu peux très bien ne pas avoir beaucoup de chance et manger du lourd tout une manche durant, ce qui est extrêmement frustrant. Dans ce cas, je pense qu'il est possible de subir le jeu en étant parfaitement impuissant, ce qui a d'ailleurs bien failli m'arriver (et ça met vraiment les nerfs). Mais ça ne dure qu'un tour, à condition toutefois de réagir... Et de prendre la carte premier joueur. La course au premier joueur, justement, est également bien incorporée à l'ensemble et laisse planer sur la manche une tension bien présente. J'ajouterais que la rejouabilité parait assez exceptionnelle. Plusieurs familles de dieux sont disponibles qu'il est possible de mettre en jeu ou pas, créant ainsi une variété de combinaisons, de stratégies, de styles de jeu, selon qu'on souhaite orienter le jeu d'avantage vers la guerre ou vers l'économie... Bref ! Chaque famille est d'avantage "spécialisée" dans un type d'action réalisable : points de victoires, flouze, pourrissage des adversaires... Les cartes sont nombreuses et permettent d'innombrables heures de jeu, toutes différentes. Combinaisons à tous les étages !
On devine un future gros hit.
Ha oui ! J'oubliais (C'est bien la peine de se casser la tête pour trouver des titres rigolos aux critiques tiens !) ! Les cartes sont nombreuses et variées (je l'ai déjà dit), mais nécessitent tout de même un temps de lecture important lorsqu'elles sont dévoilées (inconvénient qui va bien entendu décroissant avec les parties). Et là, t'as intérêt d'avoir bien les yeux en face des trous mon gars because c'est quand même écrit petit ! Elysium, c'est pas une formule de chez Alain Afflelou !