Un jeu résolument hybride et original.
Alors, autant dire tout de suite que je ne suis pas client des wargames, hormis un jeu comme Hannibal, que j'aime beaucoup.
J'ai fait 1 seule partie de Maria, et je peux vous dire que ce jeu ne ressemble à aucun autre.
La carte qui, grosso modo, représente l'Europe de l'Ouest est très riche de provinces et de routes. Wargame alors ? Ben non, pas vraiment ! Car chaque joueur possède finalement très peu de pions à déplacer (1 pion dirigé tjrs par 1 général).
Là où c'est un peu plus wargame, c'est que les joueurs incarnent des rôles asymétriques.
D'un côté, le méchant Français, dirige aussi les petites armées de Bavière. Son ennemi d'en face ? L'Autriche évidemment (d'où est issue Maria), qui doit essayer de ne résister du mieux qu'elle peut.
Et au milieu de ces 2 velléitaires, le 3eme joueur joue à la fois les Prussiens et les Saxons anti-autrichiens, et les néerlandais (je crois) anti-français ! Bref, un rôle bâtard, mais qui représente bien les alliances et les contre-alliances de ce conflit historique.
Car dans Maria, l'Histoire sert de fil conducteur, et il est impossible de créer artificiellement un conflit entre deux nations qui n'a pas eu lieu à l'époque de Maria (Genre la Bavière qui s'en prennent aux Saxons), sauf si le volet politique penche en ces termes (j'y reviendrais plus tard).
Il s'agit donc d'un jeu de conquête territoriale, et les conditions de victoire varient en fonction du rôle de départ.
L'Autrichien, attaqué de toute part, est incontestablement le rôle le plus dur à jouer, mais c'est celui qui a les conditions de victoire les moins "amples" (du moins au début du jeu).
Le système de combat est simplissime, limite simpliste avec un jeu de cartes classiques qui sert de bonus à la force de l'armée initiale (Armée de force 4. Je joue un 6. Force de l'armée = 10), mâtiné de surenchères entre les joueurs impliqués dans la bataille. Le plus gros total l'emporte...
Il y a aussi un petit volet politique, avec un tableau où les alliances peuvent plus pencher d'un côté ou de l'autre, reflétant le caractère extrêmement volatile et presque schizophrénique des jeux d'alliance historiques à l'époque de Maria (A ce titre, les Prussiens retournèrent leur veste un nombre de fois tragi-comique).
Au final, une impression plutôt bonne de ce jeu hybride, résolument original, au matos bien chiadé, et qui tourne assez rapidement.
Seul bémol : je pense qu'après une dizaine de parties, les schémas d'attaque doivent finir se répéter, ce qui fait que la durée de vie de ce jeu ne me semble pas énorme.
En revanche, pour l'Autrichien, c'est un vrai challenge de pouvoir gagner, et il doit pouvoir le faire, puisqu'historiquement, Maria a vaincu ses adversaires (enfin, il me semble...).
Un bon investissement qui nécessite quand même une certaine implication des joueurs pour ce jeu pas comme les autres.