Exterminate to dominate
Apparemment l’organisation de la pensée polonaise n’est pas la même que celle de notre bon vieux françois. Déjà les règles de Neuroshima hex donnaient cette impression, confirmée ici. Un choix de rédaction qui laisse perplexe, et qui en vérité est lié à la nature du jeu dans lequel quand on commence d’expliquer quelque chose ben… on tire plusieurs ficelles à la fois... Cependant, s’il nécessite l’habituel temps d’apprentissage de décryptation iconodesignographique, la mécanique n’est pas si compliquée, très dans la mouvance des jeux de cartes actuels (RFTG, Thunderstone, Gosu…) tout en étant dans le haut du panier de difficultés que pose la multiplicité des possibilités de développement... Surtout en ce qui concerne le mécanisme désormais célèbre de combo et la brusque sensation corrélative de fusion cervelesque quand aux possibilités de jeu alors qu’on a seulement trois cartes en main… J’adore cette sensation qui me fait toujours rigoler nerveusement, comme parfois après un org… oups je dérape.
Une fois le mécanisme maîtrisé, pendant que les autres réfléchissent (yark yark yark), on peut enfin essayer de se délecter du background des cartes, au design pas dégueu, à l’harmonie des couleurs harmonieuse, entre le bleu noble, le rouge sang et le gris marron jaune glauque (on est quand même dans un univers post apo à la Terminator Max où les machines ont encore foutu la merde quoi ! D’ailleurs combien de temps nous reste-t-il avant que ça arrive vraiment au rythme où ça va ?...). Tout est fait pour favoriser l’immersion dans un thème fort (et Satan sait que j’aime cette idée de bordel généralisé où nos plus vils instincts sont enfin à l’aise comme un poisson dans la vodka frelatée) mais il reste difficile (même en maîtrisant le jeu) d’être réellement attentif aux dessins. Je suis quand même plus concentré sur mes combottages. C’est dommage parce que les cartes sont liées entre elle en fonction du développement de son 51ème Etat. J’en connais qui s’immergent facilement, c’est pas mon cas et d’ailleurs c’est chiant parce qu’on loupe une partie du truc… Je suis plus à savourer le développement de mon Etat, surtout quand il me rapporte 17 points par tour alors qu’il en faut 30 pour gagner… Au passage on a fait des parties en 50 points histoire de voir. Pas inintéressant car en 30 ça va vite (4 tours en général). En 50 on peut développer un peu plus sont Etat. Sauf que parfois on passe de 35 à 52 points du coup ça rajoute qu’un tour… A essayer quand même pour le plaisir de faire durer la partie.
Il y a des petits points de règles nébuleux qui obligent à fréquenter les faqs, et me taper 7 pages du forum TT pour chopper la bonne info, ça me saoule, surtout quand ça aurait pas nécessité grand effort de le mettre clairement dans la règle.
En fonction des parties, on a toujours une solution pour aller de l’avant… ou non… et le problème c’est que c'est très dur de rattrapper celui qui prend de l'avance… L’augmentation des points est normalement) exponentielle à chaque tour (un peu au minimum, voire beaucoup). Ca peut donc être fatal vu qu’en 4 ou 5 tours c’est réglé… Oui les parties sont courtes (en tout cas à deux, moins de 45 minutes quand on connaît le jeu) et du coup tendues. Ca les amis c’est bon parce que ça met une pression agréable. Dès le début de partie on sait qu’il faut pas se louper, trouver direct une combo qui rapporte au plus vite des PV et devoir immédiatement s’adapter à la distribution initiale de cartes est assez goûteux. La pioche est aussi un moment assez jouissif où on a hâte de voir ce qu’on va chopper !
51ème Etat a une bonne durée de vie, surtout s’ils nous préparent des extensions (à coup sûr, ils sont forts pour ça chez Portal/Iello), d’autant plus qu’avec la durée des partie (à deux en tout cas) on peut le sortir facilement comme ça l’air de rien.
Comme l’annonce la boîte, on peut utiliser une carte lieu de trois manières, sans parler qu’une fois le parti pris de la rattacher (c'est-à-dire étendre son territoire), on se retrouve entre les possibilités supplémentaires de faire des actions, utiliser des capacités ou produire des ressources. Ca laisse pas mal de combottages possibles pour développer son 51ème Etat… Très ludique je vous dis. Presque trop. Au point que ça peut être frustrant tellement parfois on aurait eu de possibilités de développement de qu’on serait curieux de voir ce que ça donnerait mais qu’on peut pas parce qu’on a déjà gagné et que la partie s’arrête… (comme dirait Phal)
Tous les joueurs de cartes aimeront 51ème Etat. En plus il est pas cher. Ouaip, j’aime participer au développement économique polonais : « Made in Poland » qu’y a marqué sur la boîte, dont la couverture, je l’avais pas encore dit, est plutôt originale, très « j’ai besoin de masque pour respirer ».